Revues de presse et de blogs par une journaliste transgenre qui traite de la TRANSIDENTITE (appelée improprement "transsexualité").Le blog "Différences" est devenu aujourd'hui une REFERENCE FRANCOPHONE sur la TRANSIDENTITE
16 Septembre 2010
Elles sont chanteuses, danseuses ou coiffeuses. Elles sont en général bien tolérées dans la rue, mais souffrent de discriminations à
l’embauche. Et l’Etat philippin leur refuse toute reconnaissance légale, ainsi que toute protection juridique.
Les transsexuelles représentent une vraie force de travail aux Philippines, et commencent à s’émanciper. Mais elles font face à des institutions rigides influencées par un clergé catholique
très conservateur.
Aujourd’hui, elles se battent pour le passage de la première loi contre les discriminations sexuelles.
Rica Paras incarne l’exemple d’une réussite professionnelle fulgurante. A 28 ans, cette jolie femme est devenue l’une des consultantes
les plus en vue de Hewlett-Packard Philippines, et les formations techniques dispensées par cette diplômée en mathématiques sont demandées aux quatre coins du monde : en Europe, en
Chine ou en Amérique du Sud, les compagnies multinationales s’arrachent son expertise. Un parcours impressionnant. Surtout quand l’on sait que Rica est une transsexuelle. Celle qui est née
Richard Paras a toujours su qu’elle était «une femme dans un corps d’homme», et dès l’âge de 16 ans, quand a quitté le foyer familial, Rica a initié sa «transition», en se
maquillant et en portant des vêtements de femme.
« Quand je me suis présentée aux premiers entretiens d’embauche, j’étais habillée ainsi, raconte Rica, vêtue d’un élégant tailleur bleu qui lui arrive à mi-cuisses. Les
employeurs étaient déstabilisés, mais je leur ai expliqué mon histoire, et ce que je pouvais apporter à leur entreprise. J’ai une très grande confiance en moi, affirme Rica, et
cela me permet d’affronter les attaques et les discriminations».
Dans les rues de Manille, il est courant de voir des hommes travestis en femmes, ou de belles transsexuelles affirmées. Leurs talents artistiques ainsi que leur exubérance en font des animateurs hors pair, très prisés par les cabarets de Manille ou les émissions de télévision. Leur nombre est difficile à estimer, mais leur importance demeure indéniable : selon un sondage réalisé par l’Université des Philippines réalisé en 2002, 7,6% des jeunes de 15 à 24 ans ont exprimé le désir de changer de sexe.
Aux
Philippines, les nombreuses transsexuelles sont en général cantonnées aux emplois de divertissement ou de beauté. Ces danseuses "trans" se préparent en coulisses au spectacle du Club Mwah.
ROMAIN RIVIERRE/