Mercredi 28 octobre 2009

sommaire
. Le genre transsexuel reconnu comme un troisième sexe par l’Etat du Tamil Nadu (mars 2008)
. Un site de rencontre pour transgenres (tetu.com, 29 août 2009)
. Des toilettes pour les transsexuel-le-s (mars 2009)

. [média] Rose défie les tabous sur le petit écran (Aujourd'hui l'Inde, 30/5/2008)

[Inde] Le genre transsexuel reconnu comme un troisième sexe par l’Etat du Tamil Nadu (16 mars 2008)

[Inde] un site de rencontre pour transgenres

C'est un projet unique au monde. Kalki Subramaniam, transsexuelle indienne à l'origine de cet site «matrimonial» pour transgenres M to F, raconte les dessous du projet à TÊTU.
source : tetu.com, 29 août 2009

C'est le dernier avatar des sites de rencontres communautaires, mais c'est aussi le premier au monde dans sa catégorie: cette semaine a été lancé Thirunangai, un site indien dédié aux trans «M to F» (male to female) à la recherche de l'homme idéal. «Thirunangai» signifie «femmes respectables» en tamoul. 

Kalki Subramaniam (photo), l'activiste de Chennai (côte sud-est de l'Inde) à l'origine du projet, dévoile ses intentions pour TÊTU: «Avec ce site, je cherche d'abord à aider les femmes transsexuelles à trouver le compagnon parfait. Mais je veux aussi soulever la question de leur droit au mariage et à l'adoption.» Six profils, tous rédigés en tamoul, sont déjà en ligne. Kalki attend les premiers retours pour poster de nouvelles annonces. 

200.000 transgenres en Inde

En Inde, le nombre de personnes transgenres, appelées hijras dans le Nord et aravanis dans le Sud, est estimé à 200.000. Autrefois influents dans les cours des maharadjahs, les hijras furent marginalisés par les Britanniques. Groupe hétéroclite composé d'eunuques, d'hermaphrodites, de travestis, de transsexuelles pré- et post-opératoires, ils sont aujourd'hui pour la plupart voués à la mendicité et souvent à la prostitution. 

Kalki Subramaniam est une exception. Agée d'une trentaine d'années, cette jolie transsexuelle est diplômée en journalisme et en communication et s'exprime, comme sur son blog, dans un anglais soigné. Elle dirige la Sahodari Foundation, un mouvement de défense des droits des personnes transgenres à Chennai. «Nous sommes exploitées, sexuellement, financièrement, socialement. Ma question tient en un mot: pourquoi?» 

Elles n'osent plus rêver
Rejetées par leur famille en raison de leur identité de genre, sans papiers d'identité, sans droit au mariage, les hijras ne bénéficient d'aucune sécurité. «Pourtant nous plaisons aux hommes. Beaucoup de transsexuelles vivent déjà avec leur compagnon. Mais dès qu'il s'agit d'engagement, il s'enfuit», s'indigne Kalki. Selon elle, les trans indiennes, habituées à la discrimination et au harcèlement, n'osent même plus rêver d'amour. 

Le profil de Kalki ne se trouve pas (encore ?) sur le site. Mais elle imagine son mari comme «un gentleman qui me traitera comme son égale. Mon identité de genre ne lui posera pas de problème, et il m'aimera pleinement. Et s'il parle tamoul, c'est encore mieux!».

Photo: DR.

Voir le reportage de NDTV, l'une des principales chaînes de télé anglophones d'Inde.

Sur le web

(source : E-llico.com)


Hijras or Humans par tahaghayas,  (Durée : 9 minutes 34)
Get rid of your confusions about eunuchs or "hijras" as said in Urdu. Whether they are males or females, this video will tell you all about them.


revue de presse
Des toilettes publiques pour trans à Madras
En Inde, la ville de Chennai va installer des toilettes pour les transsexuel-le-s, mais l'idée ne fait pas l'unanimité
La ville de Chennai - anciennement Madras - s'apprête à installer des toilettes publiques spécialement destinées aux transsexuels dans trois endroits de la ville où se concentre la communauté trans de la ville.
Cette décision fait partie d'un projet pilote qui reconnaît l'importance considérable de la communauté trans dans le sud et le centre de Chennai qui compte 4 millions d'habitants.
Le projet ne fait pas l'unanimité. Certains redoutent qu'il n'isole et discrimine davantage encore les transsexuels et laisse de côté les personnes n'ayant pas effectué de changement de sexe.

Indian city to build trans toilets

The Indian city of Chennai is to build new toilets for trans people. Officials from the Chennai Municipal Corporation have identified three areas with the largest trans populations which will benefit from the new facilities.
The first will be built in Saidapet, where it will cater to those living in Kothamedu, Theedeer Nagar and Athuma Nagar.
The move is part of a pilot project to recognise the considerable trans community in south and central Chennai.
Each lavatory will have both female and male urinals.
Municipal commissioner Rajesh Lakhoni was quoted as saying that the scheme was aimed at "extending recognition to the community and mainstreaming them" and more facilities could be built if the public responded well to the idea.
However, there has been a mixed reaction from the city's trans population, with some saying that it would open the way for discrimination and isolation.
"I don't agree with this. We want to mingle with the mainstream. We don't want to be separated like this," said Aasha Bharati, president of the Aravanigal Association in Tamil Nadu state.
India's first transgender television host, Rose Venkatesan, said: "It is a big problem, because not everyone has undergone a sex change.
"This is a good idea but in the long run, I see a society where there is no difference and all use the same toilets."
(PinkNews.co.uk • March 9, 2009) - www.pinknews.co.uk/news/articles/2005-11518.html

  • Trans toilets introduced at student union nightclub
  • India gets first trans TV host
  • Murder toilets popular for gay cruising
  • Town toilets attract gay sex

    Une Miss India pour les transsexuels
    . Après être devenu le premier État à reconnaître les transsexuels en tant que sexe séparé, le Tamil Nadu va organiser à CHENNAI le 19 décembre 2009, un concours de beauté pour transgenres afin de leur permettre de lutter contre la stigmatisation sociale. L'organisateur (ICWO) est en pourparler avec les ONG et les sociétés de lutte contre le SIDA à travers le pays pour organiser le spectacle dont il espère qu'il contribuera aussi à renforcer le réseau de la communauté. (source : Times of India, 2-09-2009)

    [média] Rose défie les tabous sur le petit écran

    Transsexuel et présentateur télé ? Tout est possible en Inde. Dans son talkshow hebdomadaire diffusé au Tamil Nadu, Rose s'attaque à tous les sujets tabous : sexe, divorce, violences. Avec pour espoir "de faire changer les choses" et d'attirer l'attention sur la communauté transsexuelle indienne, objet de toutes les discriminations.
    par Emil Sinclair, Aujourd'hui l'Inde, 30/5/2008

    Afficher l'image Yours, Rose : un talkshow explosif Yours, Rose : un talkshow explosif

    De son vrai prénom, Rose s'appelle Ramesh. Elle est le premier transsexuel à occuper le poste de présentateur télé, sur les traces de Begum Nawazish Ali, qui l'a précédé de deux ans au Pakistan. Mais c'est aussi l'émission qu'elle présente qui sort des chemins battus. Ipaadiku Rose, son talkshow hebdomadaire, est diffusé chaque vendredi soir à dix heures dans l'Etat du Tamil Nadu. Pendant une demi-heure Rose mène le débat sur des sujets "chauds", entourée d'intervenants, spécialistes ou non. "Je veux m'attaquer à tous les sujets tabous et faire changer les mentalités". Divorce, harcèlement sexuel, drogue ou encore sexe avant le mariage sont au programme. Une première dans cet Etat réputé très conservateur.

    Cela fait quatre ans que Rose s'habille en femme. Mais elle se bat encore pour se faire accepter, par sa famille, par la société. "Mes proches me disent que, oui, je suis peut-être un transsexuel, mais ils préfèrent que je ne m'habille pas en femme et me sollicitent sans cesse pour que je me marie". Elle n'est toujours pas autorisée à porter des saris à la maison, et sa mère continue à cacher ses robes et ses bijoux dès qu'elle en a l'occasion. Pire encore, elle s'est cachée pendant des années de ses voisins. "Je quittais la maison en homme, et je me changeais ensuite en femme. J'avais peu qu'ils ne raillent mes parents".

    Les membres du "troisième sexe", aussi appelés hijras, ont longtemps bénéficié d'une tolérance traditionnelle héritée de l'Antiquité. Mais la situation s'est inversée dans l'Inde contemporaine. Victimes de discriminations au sein de leur famille, à l'école, ils sont nombreux à se tourner vers la mendicité et la prostitution pour survivre. Une situation qu'ils ont rarement choisi : il leur est difficile d'obtenir des emplois normaux. "Lorsque j'ai fait mon coming-out, mon employeur n'a pas renouvelé mon contrat de travail" explique Rose, diplômée d'ingénierie chimique aux Etats-Unis.

    "Je veux prouver qu'un transsexuel qui est beau, qui a des capacités et à qui on donne une opportunité peut réussir", explique Rose. Et rompre ainsi avec les clichés dévalorisants associés aux hijras. Donner une image différente de cette communauté qui n'apparaît la plupart du temps au cinéma que pour être dévalorisée ou tournée en dérision. "Le talkshow de Rosa va aider les téléspectateurs à porter un autre regard sur les transsexuels", commente Pradeep Milroy Peter, directeur des programmes de STAR Vijay, la chaine qui diffuse l'émission. "L'Inde est encore très conservatrice. Nous avons des missiles balistiques mais nous nous demandons encore s'il faut autoriser les cours d'éducation sexuelle dans les écoles", poursuit-il.

    Les mentalités changent doucement, mais la frontière entre ce qui est acceptable et "immoral" reste floue : Rose ne peut pas non plus tout dire sur tout. A commencer par le mariage, qu'elle considère pourtant comme non naturel : "C'est une institution tellement établie en Inde qu'il n'est pas pensable de la remettre en cause. Je ne veux pas effrayer les gens, je veux les atteindre". Peut-être se souvient-elle de cette actrice tamoule, dont la carrière avait été compromise en 2005 après qu'elle se soit prononcée en faveur des relations sexuelles avant le mariage.

    Pour voir une vidéo de Rose sur Youtube : Cliquer ici.

    lien de l'article : http://www.aujourdhuilinde.com/actualites-inde-rose-defie-les-tabous-sur-le-petit-ecran-1492.asp?1=1

    En Inde, les trans' menacent de boycotter les
    élections
    si elles et ils n'obtiennent pas la mention "troisième sexe" sur les cartes d'électeurs
    (source : The Press Association [english] transmis par Yagg, 5 mai 2009)

Par caphi - Publié dans : [sciences et société]
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