L’Inter-LGBT salue la décision annoncée par Madame BACHELOT, ministre de la santé, de saisir la Haute Autorité de Santé « afin de publier un décret déclassifiant la
transsexualité des affections psychiatriques de longue durée ».
Certes symbolique, cette mesure n’en est pas moins très importante pour les personnes concernées, car être transsexuel-le ou transgenre ne relève en rien de la maladie mentale et
cette classification témoigne plutôt de la normativité dans laquelle s’inscrivent certains courants médicaux, psychanalytiques et psychiatriques.
Cette déclassification était une revendication de l’ensemble des associations trans, mais aussi des lesbiennes, des bis et des gais qui, elles et eux aussi, il n’y a pas si
longtemps, ont eu à saluer la déclassification de l’homosexualité de la liste des maladies mentales dressée par l’OMS. L’Inter-LGBT demande d’ailleurs au ministère de la santé
français de faire connaître ce qu’il souhaite faire pour que l’OMS abandonne une classification qui reste stigmatisante sur le plan international.
Cette mesure de déclassification française, selon la ministre de la santé, ne signifiera pas pour autant d’abandonner la nécessité d’assurer et d’assumer les coûts de la prise en
charge médicale, car l’on peut avoir besoin de soins médicaux sans être considéré comme malade, à l’instar des femmes enceintes par exemple. L’Inter-LGBT salue ce choix.
Au-delà de cette mesure de déclassification, il reste encore beaucoup à faire pour que les transsexuel-le-s et les transgenres soient pleinement reconnu-e-s comme des citoyen-ne-s
de première zone, et non considéré-e-s comme irresponsables par une communauté médicale installée et sûre de ses certitudes. En ce sens, le choix du médecin et de l’équipe médicale
par la personne trans elle-même doit être pleinement reconnu.
A cet effet, il conviendrait que le temps juridique du parcours ne soit plus séparé du temps médical et que la personne puisse, pour des raisons professionnelles ou personnelles
qu’elle seule peut gérer, accéder à son nouvel état civil et changement de numéro d’immatriculation de sécurité sociale au moment qui lui convient pendant son parcours.
Alors qu’au plan juridique, la Belgique et l’Espagne ont fait évoluer ces dernières années leur dispositif de manière à permettre aux personnes transsexuelles d’obtenir facilement
leur nouvel état civil, et que tout récemment, l’Autriche a jugé non constitutionnelle l’obligation de stérilisation qui est implicitement faite aux personnes transsexuelles pour
obtenir le changement d’état civil qu’elles demandent, la France doit s’engager dans un processus semblable et permettre aux personnes transsexuelles et transgenre d’obtenir le
changement d’Etat civil et d’immatriculation de sécurité sociale sans imposer ni stérilisation, ni réassignation chirurgicale obligatoire, véritables atteintes à l’intégrité intime
de leur corps.
En attendant que les équipes médicales françaises soient formées et expertes pour cet accompagnement de la volonté des personnes concernées, l’Inter-LGBT et ses associations membres
exigent que les demandes de prise en charge des opérations hors de France par la sécurité sociale soient acceptées.
D’autre part, le récent rapport de la Haute Autorité de Santé préconise de vivre sans hormonothérapie réparatrice pendant un an pour s’assurer de la sincérité de la demande de
changement d’identité sexuelle, au mépris des grandes difficultés et fragilités psychologiques et sociales que cela engendre. Pour l’Inter-LGBT, les seules attestations médicales et
chirurgicales déjà détenues par la personne, en plus de la demande qu’elle fait et qui vaut engagement de sa responsabilité, doivent suffire. A cet effet, l’Inter-LGBT invite les
adhérent-e-s de ses associations membres à remplir la consultation publique ouverte par la Haute Autorité de Santé sur le site
http://consultation.has-sante.fr/transsexualisme/transsexualisme.HTM pour faire connaître leur sentiment sur le rapport et ses préconisations, afin d’obtenir des conclusions
conformes aux revendications des principales et principaux intéressé-e-s.
Au plan international enfin, la France doit mobiliser ses moyens diplomatiques en faveur de la protection des personnes homosexuelles et transsexuelles partout dans le monde, en
intervenant fermement auprès des pays dans lesquels l’homosexualité et la transsexualité sont pénalisées voire punies de peine de mort, et ouvrir plus systématiquement et plus
généreusement ses frontières à l’asile pour les personnes menacées.
http://www.inter-lgbt.org/spip.php?article940
communiqué publié par HES (Homosexualités et Socialisme), 16 mai 2009, 14 h
Reclassification du transsexualisme : les
symboles doivent déboucher sur des actes concrets.
HES (Homosexualités et Socialisme) salue la nouvelle de la reclassification du transsexualisme, rendue publique ce matin par le ministère de la Santé. Cela répond
à une revendication portée de longue date par les associations LGBT.
Il est temps, à présent, de passer du symbole aux actes concrets,
en luttant contre les violences et les discriminations qui
pèsent sur les trans.
Des actions de formation et de sensibilisation aux problématiques trans et inter-sexes pour tous les
personnels médicaux, administratifs et pédagogiques s'imposent désormais.
HES souhaite par exemple que la HALDE puisse agir plus directement en ce
domaine.
HES revendique un assouplissement et un raccourcissement des démarches de modification de l'état civil,
qui doivent
pouvoir être menées sans modifications corporelles spécifiques.
HES affirme le droit des personnes trans à la parentalité.
La sécurité des liens parentaux doit leur être
assurée. Le droit à faire valoir un projet parental pour l'adoption doit leur être reconnu. La conservation de leur matériel génétique doit leur être permise.
La HAS (
Haute Autorité de Santé) mène actuellement une consultation relative à la prise en charge médicale du
transsexualisme. HES salue cette initiative, et
saisira cette opportunité pour
dénoncer les tentatives d'inscrire le transsexualisme dans un parcours médical obligatoire et
contraint, dans lequel la décision d'un psychiatre primerait sur celle de la personne trans.
Sur ce sujet comme sur tous les sujets LGBT,
HES s'appuie sur les principes d'universalité, de responsabilité et de
dialogue qui gouvernent sa réflexion.
Les trans n'ont pas aujourd'hui tou-te-s les mêmes chances de se réaliser et
d'échapper à la précarité.
Le droit français doit prendre en compte le motif de l'identité de genre comme celui de
l'orientation sexuelle pour lutter contre les discriminations.
Il s'agit d'adapter le
droit à la réalité vécue des trans et des inter-sexes. Il s'agit de répondre aux attentes de tous les acteurs qui luttent pour l'égalité et contre les discriminations, y
compris celles qui sont fondées sur l'identité de genre.
L'Angleterre, les Pays-Bas et l'Espagne ont déjà adapté leurs législations. HES attend du gouvernement français des initiatives
concrètes en la matière.
Contacts presse :
Gilles BON-MAURY, président d'HES, tél. 06 61 53 19 39, gilles.bon-maury@hes-france.org,
Laura LEPRINCE, déléguée aux questions de genre, tél. 06 85 88 58 11, laura.leprince@hes-france.org.
http://www.hes-france.org
Trans dépsychiatrisés : réactions