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Publié par caphi

Depuis 2004, la HAS (Haute Autorité de la Santé, alors appelée ANAES) mène une enquéte sur la prise en charge médicale des personnes transgenres. Elle publie enfin aujourd'hui un rapport qu'elle soumet à la consultation publique.

LIRE >
La Haute autorité de santé ouvre une consultation publique sur le transsexualisme et sa prise en charge médicale (23/04/2009)

Ce rapport part évidement du principe discriminant que la transidentité est une pathologie (ce qui fut aussi les cas pour l'homosexualité jusqu'en 1992 !), ne remet pas en question les dispositions transphobes actuelles qui font de la vie de la plupart des trans' un enfer et propose des dispositions extrèmement dangereuses pour la santé, la vie et la sécurité des personnes transgenres !

De nombreux/ses associations et militantEs trans' ont déjà dénoncé ce rapport comme extrèmement dangereux !
Entre autre, Chrysalide de Lyon, Support Transgenre Strasbourg, VigilancE Lbgbti Aix, le Groupe de Réaction au Rapport de la HAS, OUTrans' (Paris) et Pink FreakX  (Montpellier), appellent à mobilisation.

Chrysalide, dans son communiqué du 02/05/2009
, expose précisement ce qui pose problème dans ce rapport, et rend publique sa réponse à la consultation publique . Elle relève entre autre que ce rapport ne prend absolument pas en compte le point de vue des associations et des personnes trans'. Chrysalide appelle à répondre à la consultation publique afin de dénoncer l'inanité du rapport.

Support Transgenre Strasbourg (communiqué du 11/05/2009)
, qui a participé au processus d'enquête de l'ANAES/HAS dès Septembre 2004, dénonce l'hypocrisie et la mascarade de cette prétendue enquête. Présente dès la toute première réunion organisée par l'ANAES (actuellement HAS), au tout début du processus de l'enquête, avec des associations transgenres, en Septembre 2004, STS  signale que le point de vue de ces associations n'a absolument pas été pris en compte, STS propose un compte rendu de cette premère réunion en Septembre 2004, où étaient présentes les associations Act Up Paris, GAT Paris, Trans'Act Toulouse, Cabiria Lyon, ASB Paris, PASST Paris, STS Strasbourg, Autre Regard Marseille et signale que ces associations ont été par la suite écartées du processus de consultation.  Si l'on regarde la réponse faite aujourd'hui par Chrysalide Lyon à la consultation publique de la HAS (ex ANAES), on s'apperçoit que ces même arguments ont déjà été avancées par les associations en 2004, au démarrage de l'enquête. Support Transgenre Strasbourg considère donc cette consultation publique comme une mascarade supplémentaire pour donner une légitimité démocratique à un rapport qui recommande des dispositions  encore plus transphobes et dangeureuses. STS appelle à boycotter la consultation publique afin de ne pas légitimer l'oppression des trans' par un simulacre de démocratie et à porter cette lutte sur le terrain politique et non sur le terrain médical.

VigilancE Lgbti Aix,dans son communiqué du 11/05/2008
, se solidarise avec l'appel de Support Transgenre Strasbourg, dénonce l'actuelle situation de non-droit subie par les trans' et l'aggravation de cette situation préconisée par le rapport et appelle à ne pas collaborer.
Le Groupe de Réaction au Rapport de la HAS, dans son appel du 02/05/2009, tout comme Chrysalide, appelle à protester en répondant à la consultation, et recueille les réponses afin de les rendre publiques.
OUTrans' (Paris) dénonce le rapport de la HAS  et appelle à manifester à l'occasion de la journée internationale contre l'homophobie et la transphobie.
Pink FreakX  (Montpellier) dénonce également le rapport de la HAS  et appelle également à manifester à l'occasion de la journée internationale contre l'homophobie et la transphobie.

Dans l'ensemble, si les associations peuvent diverger sur les stratégies de mobilisations, toutes s'accordent sur le fond : ce rapport, non content de légitmer les pratiques  médicales actuelles contestées par les associations, préconise des mesures extrèmement dangereuses et il est urgent de se mobiliser !

Communiqué de Chrysalide Lyon du 02/05/09

Communiqué de Support Transgenre Strasbourg du 11/05/09

Communiqué de VigilancE Lgbti Aix du 11/05/2009

Appel du Groupe de Réaction au Rapport de la HAS du 02/05/2009

Appel à manifestattion de OUTrans' le 16 mai à Paris

Appel à manifestation de Pink FreakX le 16 mai à Montpellier

Compte rendu de STS sur la première consultation des associations trans' en Septembre 2004

Compte rendu de CARITIG sur la première consultation des associations Trans' en Septembre 2004

Compte rendu du GAT sur la première consultation des associations trans' en Septembre 2004

Compte rendu de Trans'Act sur la première consultattion des associations trans' en Septembre

Dossier sur les échanges en 2004 avec les associations trans'

Rapport 2009 de la HAS (ex ANAES)


D'autres réactions sur des sites, blogs et forums trans' :
Pink Rêveries
La Webdromadaire de Caphi

Forum sur Seronet

Le choix de Juliette

Trans FtM Gay

Naïel

Intertrans'

Laure Mélodie


articles :
20/11/2006 : Act Up : La Haute autorité de santé a reçu les Trans'. Méfiance
01/02/2009 Act Up : La ministre de la Santé et la HAS dans le coma

09/04/2009 20mn : Une consultation en ligne sur la prise en charge des transsexuels

15/04/2009 Cité Gay :« 4 ans de gestation pour l'accouchement dune souris »  estiment les militantEs trans'...

22/04/2009 Le Post : La dictature du slip
par radiocancan, LeZ Strasbourgeoises
Communiqué des Flamands Roses sur le rapport de la HAS concernant la prise en charge des personnes trans en France

La Haute Autorité de Santé
(HAS) a rendu un rapport provisoire concernant la prise en charge des trans en France. Nous dénonçons la façon dont ce rapport a été élaboré, qu'il s'agisse de ses conclusions, du non-respect de l'identité des personnes trans dans l'emploi du masculin et du féminin, ou encore de la méthode de consultation utilisée. En effet, la HAS n'a consulté que des médecins émanant des équipes officielles (médecins auto-proclaméEs spécialistes des trans ; alors qu'ils et elles ne suivent qu'une minorité des personnes trans) et une majorité de trans sélectionnéEs par ces équipes. Des associations ont aussi été consultées, mais leurs parole est dénigrée, sous couvert de manque de neutralité scientifique. Les conclusions du rapport vont à l'encontre des revendications associatives.
Le rapport se base sur la CIM 10 (Classification Internationale des Maladies) et le DSM IV (Manuel diagnostic et statistique des maladies mentales, en français), qui estiment que les personnes trans sont atteintes d'une maladie mentale qu'il convient de traiter.

Le rapport dénigre les équipes médicales étrangères qui pratiquent des opérations de type vaginoplastie (création d'un vagin chez les MTF) ou phalloplastie (création d'un pénis chez les FTM). Or les techniques employées en France accusent plusieurs décennies de retard : plusieurs personnes trans ont vu leur vie gâchée à cause d'opérations ratées. Pourtant, le rapport préconise à terme de décourager les opérations à l'étranger, où les résultats sont satisfaisants et opérationnels.
Le rapport présente les opérations de réassignement génitales comme le but ultime de la transition.
La HAS préconise un traitement hormonal en « deux phases » : la première est une phase de supression des hormones sexuelles avant une deuxième phase introduisant les hormones féminisantes (oestrogènes) pour les MTF ou les hormones masculinisantes pour les FTM (testostérone). La première phase est de durée indeterminée, soumise au bon vouloir de l'équipe et est dangereuse pour la santé. En effet, des études montrent qu'une déficience en hormones sexuelles induit une ostéoporose (les os se fragilisent) ; une des molécules utilisées pour les MTF (acétate de cyprotérone) est reconnue comme pouvant causer des problèmes de santé lorsqu'elle est prise seule.
Cette première phase est la seule autorisée durant l'« expérience de vie réelle » préconisée par la HAS. Celle-ci peut s'étaler sur une durée allant de trois mois à deux ans, voire plus, selon le bon vouloir de l'équipe. Elle impose le coming-out brutal de la personne trans à tout son entourage (famille, amiEs, travail...), qui aura des conséquences sur leur vie sociale. Durant cette période, la personne ne reçoit aucune aide à la féminisation ou la virilisation, ce qui l'exposera particulièrement à la transphobie. Cela la forcera à adopter un comportement et une apparence stéréotypée du genre d'arrivée, commandés par les psychiatres. Dans ce cadre, peut-on vraiment parler de « vie réelle » pour une personne ne rentrant pas dans la norme hétérosexiste ?

En effet, le rapport préconise que soient prises en compte, pour « la réussite de l'expérience », les pratiques sexuelles de la personne trans, ainsi que sa réussite socio-professionnelle. Nous pensons que les pratiques sexuelles ainsi que le travail n'ont rien à voir avec l'identité de genre. De plus, de nombreux psychiatres sont homophobes : des trans ont été rejetéEs des protocoles à cause de leur homosexualité. D'autres qui ont été mariéEs et ont eu des enfants ont subi le même sort, tout comme des séropositifVEs ou des travailleurSEs du sexe et prostituéEs.
Quant à l'évaluation du traitement hormonal, celui-ci se base notamment, pour les MTF, sur la taille des seins ; les MTF doivent ne pas avoir de poils et les FTM doivent en avoir ; autant de critères culturels, arbitraires et hétérosexistes qui assoient les normes de genre.
Ce protocole exclut les personnes intersexes (personne dont le sexe génital, chromosomique est considéré ambigu par les médecins), qui sont considérées comme malades. Sont aussi excluEs du protocole toutes les personnes ne rentrant pas dans les normes de genre, ou qui ne se retrouvent pas dans les catégories binaires « homme » et « femme ». Les trans mineurEs ne sont pas prisES en compte par la HAS.
Avec les préconisations du rapport, toute personne rejetée par une équipe officielle, le sera aussi par les autres, qui communiqueront entre elles, en violation du secret médical. La généralisation prônée des équipes officielles va à l'encontre de la liberté de choisir ses médecins, pourtant prévue par le code de la santé. De plus, toutE professionnelLE de santé en contact avec la personne trans devra coopérer avec l'équipe officielle, pour n'importe quel acte médical.

Nous rejetons ce rapport.
Nous ne sommes ni des victimes, ni des malades mentauxALEs. Nos identités ne sont pas réductibles à des catégories imposées par la société hétéronormée, sexiste et patriarcale. Nous exigeons de pouvoir disposer librement de nos corps, sans contrôle des médecins, ni de la loi qui impose que les trans soient stériles pour accéder au changement d'état-civil. Nous voulons pouvoir choisir de nous faire opérer et hormoner, si nous le souhaitons et quand nous le souhaitons.
Nous refusons le chantage qui nous est fait : être considéréEs comme malades mentauxLEs ou ne pas être prisES en charge par la sécurité sociale. Pourtant, les personnes enceintes sont prises en charge sans pour autant être considérées comme malades, tandis que de la même manière l'avortement et certains contraceptifs sont partiellement remboursés, ainsi que les traitements hormonaux post-ménopause. Nous exigeons donc que cette prise en charge soit étendue, avec un remboursement à 100% de tous les actes liés à la transition et de tous les moyens de contraception.

Nous exigeons :
la dépsychiatrisation des trans , sans expertEs censéEs séparer les vraiEs trans du reste de la population ;
le droit à disposer de nos corps : arrêt des traitements imposés aux intersexes, accès libre et remboursé aux actes liés à la transition, arrêt des pressions exercées par la médecine et l'Etat pour imposer la chirurgie génitale, contraception et avortement libres, gratuits et accessibles ;
la fin du traitement hormonal en deux phases et l'accès à une véritable information sur les traitements, pour permettre aux trans de participer pleinement à leur traitement ;
la dissolution des équipes officielles et le libre choix des médecins ;
la prise en charge des soins par la Sécurité Sociale ;
la reconnaissance officielle et légale de la transphobie et la mise en place de réelles campagnes de prévention contre les discriminations sexistes et LGBTIphobes ;
la suppression de la mention du sexe à l'état-civil et le droit pour chacunE de modifier son identité légale s'il ou elle le désire.

Les Flamands Roses

"Les Flamands Roses" constituent un groupe d'expression gaie et lesbienne.
http://www.lesflamandsroses.com Centre Lesbien, Gay, Bi et Trans de Lille "J'En Suis, J'Y Reste", 19 rue de Condé 59000 Lille (métro Porte d'Arras) tél.: 03.20.52.28.68. Ils animent "Homosapiens", l'émission qui pense homo, le dimanche de 21h à 22h sur le 106.6 FM et via Internet : http://www.campuslille.com

Rapport de la HAS - Conclusions de l'association Chrysalide

En attendant la publication de l'analyse du CARITIG concernant le rapport de la HAS, Le Bureau du CARITIG transmet les conclusions de l'association Chrysalide que vous trouverez ci-dessous :
 
Chrysalide appelle associations, élus, personnes trans, et tout citoyen concerné par les droits de l’homme, à répondre à l’enquête publique sur le rapport de la HAS (http://consultatio n.has-sante. fr/transsexualis me/transsexualis me.HTM) avant le 31 mai 2009, en dénonçant les conclusions qu’elle propose.
 
Nous vous invitons à diffuser cette information au sein de vos réseaux.

Le texte qui suit est celui de cette page: http://chrysalidely on.free.fr/ has_enquete. php

En 2004, la HAS, Haute Autorité de Santé (alors appelée ANAES) a commencé un travail de réflexion sur la prise en charge médicale des personnes trans.

Les associations dénoncent depuis de nombreuses années la classification du « transsexualisme » parmi les maladies mentales et des abus pratiqués par le corps médical. On citera pour exemple quelques critères discriminatoires utilisés par des personnes qui se présentent pourtant comme spécialistes : avoir entre 25 et 40 ans, ne pas être marié-e ni avoir d’enfants mineurs, être séronégatif-ve, avoir des revenus stables, être hétérosexuel-le dans le genre revendiqué, etc. Cependant, il est actuellement possible pour les personnes trans d’effectuer une transition en ayant recours à des médecins ayant une vision respectueuse de la transidentité, c'est-à-dire en acceptant qu’un individu, quel qu’il soit, est à même de définir son identité de genre, et en abordant la transidentité non pas en partant du postulat que c’est une pathologie psychiatrique, mais en considérant qu’il s’agit d’une identité à part entière.

En avril 2009, après plus de 4 ans et demi de travail, la HAS a enfin rendu publique ses conclusions (http://www. has-sante. fr/portail/ jcms/c_765328/ situation- actuelle- et-perspectives- devolution- de-la-prise- en-charge- medicale- du-transsexualis me-en-france- version-pour- consultation- publique- avril-2009). Les associations n’ont été reçues que lors de deux réunions d’une demi-journée: l’une en septembre 2004 pour écouter les revendications, l’autre en août 2008 pour leur présenter le travail qui avait été fait en collaboration avec les médecins. En dehors de ces réunions, aucun travail commun n’a été effectué avec le tissu associatif. Le rapport de la HAS reflète d’ailleurs ce manque de dialogue, puisque le point de vue des associations n’est présenté que de manière symbolique.

Les solutions présentées dans le rapport de la HAS sont extrêmement dangereuses et reflètent l’absence de volonté d’entendre le tissu associatif.

Le parcours proposé par la HAS est le suivant :
- La personne trans doit prendre contact avec une équipe protocolaire.
- Un diagnostic différentiel de ‘transsexualisme’ doit être posé par un psychiatre de l’équipe.
- La personne trans doit subir un ‘test de vie réel’, d’une durée minimale de 3 mois, au cours duquel elle doit vivre dans le genre revendiqué, y compris au niveau professionnel. Elle doit également informer sa famille de son changement de situation.
- L’hormonothérapie comporte deux phases : une première phase consistant en la prise d’anti-androgène pour les femmes, et d’anti-oestrogènes pour les hommes, puis une seconde phase comprenant la prise d’hormones à proprement parler : oestrogènes pour les femmes, testostérone pour les hommes.
- Seul un médecin faisant partie d’une équipe protocolaire est autorisé à prescrire le traitement hormonal.
- Le délai de 2 ans d’attente après le début de la prise d’hormones est suggéré avant de pratiquer une opération de changement de sexe génital.

Ce qu’implique le parcours proposé par la HAS :
- La transidentité est perçue comme une pathologie à diagnostiquer, ce qui va à l’encontre de ce que les associations demandent depuis années.
- La personne n’est pas considérée comme apte à se définir elle-même et n’est pas considérée comme pouvant disposer librement de son corps.
- Imposer à une personne de s’habiller dans le genre revendiqué sans traitement hormonal l’expose dans la rue aux insultes et à des violences extrêmes si elle n’a pas la chance de bénéficier d’une morphologie adaptée.
- Imposer à une personne d’informer son employeur de sa transidentité et d’aller travailler dans la tenue vestimentaire correspondant au genre revendiqué sans traitement hormonal alors même que la transphobie n’est pas reconnue par la loi a pour conséquence le licenciement de nombreuses personnes.
- Imposer à une personne d’informer sa famille ne respecte pas la manière spécifique à chaque individu de choisir à quel moment de sa vie elle souhaite parler à ses proches de sa situation.
- Certaines des molécules préconisées dans la première phase de traitement hormonal ont des effets secondaires dangereux (dépression, prise de poids importante, douleurs utérines, dégradation du foie…), et sont même interdites dans certains pays.
- Imposer à des personnes de consulter des médecins spécifiques alors qu’il ne s’agit pas d’une spécialité médicale est contraire au principe du libre choix de ses médecins, garantit par l’article R4127-6 du code de santé publique.
- Les personnes qui ne sont pas acceptée dans le protocole n’auront aucun recours pour effectuer leur transition en étant accompagnée par des médecins. Elles seront donc contraintes à l’automédication ou au suicide.

Au final, ce protocole met donc les personnes dans des situations de précarité sociale importantes et les expose quotidiennement à des violences verbales et physiques. Il exclue de plus définitivement un nombre important de personnes, qui seront contraintes à l’automédication, et donc à des prises de risques considérables pour leur santé.

Chrysalide appelle donc chacun, associations, élus, personnes trans, et tout citoyen concerné par les droits de l’homme, à répondre à l’enquête publique sur le rapport de la HAS (http://consultatio n.has-sante. fr/transsexualis me/transsexualis me.HTM) avant le 31 mai 2009, en dénonçant les conclusions qu’elle propose.

Sophie Berthier
http://chrysalidely on.free.fr
06.34.42.51.92

Transphobie : appel du Groupe de Réaction au Rapport de la Has 
 
Appel du GRR Groupe de Réaction au Rapport de la HAS du 02/05/2009

Contact : groupedereaction@gmail.com
 
En Avril 2009, la H.A.S. (Haute Autorité de Santé) rend public son projet de rapport sur la « Situation actuelle et perspectives d'évolution de la prise en charge médicale du transsexualisme en France ».

Les conclusions de ce rapport s'appuient en partie sur les réponses d'un certain nombre de personnes trans' (appelées ici « patients » à un questionnaire portant sur leur parcours de transition.

Ce questionnaire a été rempli par un nombre limité de personnes trans' (15) parmi lesquelles les FTM étaient sous-représentés et dont la majorité étaient suivies par les équipes officielles.

La méthode retenue est justifiée dans le rapport par une prétendue volonté de « collecter [...] des informations qualitatives » et non quantitatives.

Nous nous permettons de mettre en doute la validité et la représentativité des résultats obtenus par un tel questionnaire, tant l'échantillon interrogé, le choix des questions et leur formulation, ainsi que les termes employés restreignent l'expression d'une diversité d'expériences et d'identités.

Nous vous proposons donc de participer à la collecte de nouveaux résultats en adressant ce même questionnaire au plus grand nombre possible de personnes trans' en France pour adresser à la H.A.S. une réflexion alternative.

Les réponses sont anonymes et doivent être collectées au plus tard le 27/ 05/ 2009 pour que nous puissions les envoyer à la H.A.S. avant la fin de la période de consultation du rapport. Merci de les envoyer à groupedereaction@gmail.com.

Vous êtes libres de détourner, critiquer, reformuler, humaniser les questions, de ne pas répondre à celles qui vous paraissent incompréhensibles, psychiatrisantes, insultantes, d'expliquer pourquoi, d'en rajouter d'autres...

Les réponses ne seront pas retraitées sous formes de statistiques mais envoyées comme telles, car nos réalités multiples ne peuvent être traduites en chiffres, nous ne sommes pas des « patients » et il n'y a pas lieu de nous classifier.

G.R.R. - Groupe de Réaction au Rapport de la H.A.S.
groupedereaction@gmail.com

source : LeZ Strasbourgeoises - lien direct : http://lezstrasbourg.over-blog.com/article-31309898.html 

VELA (VIGILANCE LGBTI AIX) DÉNONCE LE RAPPORT DE LA HAS
 
Communiqué de VELA du 11/05/08
Contact :
vigilance.lgbti13@yahoo.fr

Le groupe VELA VigilancE Lgbti Aix approuve et soutient STS67 dans son appel au boycott de la mascarade cynique organisée par l'Etat français (sous couvert de "consultation") dans le but trop clairement évident de maintenir la discrimination des personnes trans voire même de l'augmenter encore.
La transphobie est institutionnalisée dans notre pays, ce n'est pas en rencontrant des "médecins" (sic) que nous avancerons mais en rencontrant, comme le réclame si bien STS67, les responsables politiques donneurs d'ordres de ces "médecins".

Aujourd'hui, en France, les personnes trans ont le choix entre collaborer (et c'est volontairement que nous employons le terme collaborer) avec un système discriminatoire, c'est à dire suivre un protocole au sein d'une équipe dite officielle. Ce système, lourd, lent et compliqué leur garanti une mauvaise prise en charge, des soins de mauvaise qualité, une vie dégradé et une perte d'emploi ou bien l'impossibilité de trouver un emploi du fait du temps nécessaire à la transition "officielle" et des exigences des dits "médecins officiels", qui sont davantage les gardiens d'une normativité que de réels praticiens de la médecine, c'est à dire des personnes qui soignent.
L'autre choix offert aux personnes trans est de ne pas collaborer mais de suivre un parcours au rythme où ils/elles l'entendent et en allant jusqu'où ils/elles ont décidé-e-s d'aller et ce en consultant tout simplement et tout bêtement les médecins qu'ils/elles ont décidé-e-s de consulter. Ce parcours non-officiel permet de garder son emploi ou bien d'en trouver un plus facilement tout en ayant un excellent suivi médical.
La volonté très clairement affichée du pouvoir politique est d'empêcher ces parcours du second type.

C'est pourquoi VigilancE Lgbti Aix appelle au boycott de la ridicule consultation des laquais du pouvoir politique et appelle les personnes trans à une véritable prise de conscience de leurs forces, par exemple lors des prochaines élections.
Ce dont nous avons besoin, personne ne nous le donnera, il nous faudra le prendre !
Vous trouverez ci-dessous le communiqué du STS67.
Bonne lecture.

VigilancE Lgbti Aix, lundi 11 mai 2009

Collectif pour informer et témoigner sur les discriminations LGBTI-phobes et organiser des actions.
vigilance.lgbti13@yahoo.fr

http://vela.over-blog.com

vigilance.lgbti13@yahoo.fr
 
source : LeZ Strasbourgeoises - lien direct : http://lezstrasbourg.over-blog.com/article-31309795.html

Communiqué de Pink Freak’x
 
Le samedi 16 mai 2009 à 16h Pink Freak’x appelle touTEs les Resistrans sur la place de la comédie à Montpellier, pour que les voix des Trans soient entendues... 
Trans, bis, homos, hétéros, nous sommes touTEs des malades mentaux !
Le 3 avril dernier, la HAS*, à la demande du ministère de la Santé et des caisses d’Assurance Maladie, rendait un projet de rapport sur «Situation actuelle et perspectives d’évolution de la prise en charge médicale du transsexualisme en France». Entre autres aberrations, ce document continue de considérer les Trans comme des malades mentaux. Il préconise un coming-out imposé ainsi qu'une période de "real life test" précédant la prise hormonale. Ces propositions sont synonymes, selon nous, collectif transgouinepédé montpelliérain Pink Freak’X d’un véritable suicide social des Trans suiviEs par les équipes officielles. Il nous apparaît manifeste qu’accepter ce document en l’état serait entériner et aggraver la situation déjà dramatique des Trans en France.

Ainsi, aujourd’hui comme demain, celles et ceux qui refusent d'être infantiliséEs et humiliéEs par des équipes officielles autoproclamées expertes des questions Trans n'ont et n’auront d'autre choix que d'avoir recours à une hormonothérapie sauvage, risquée et coûteuse.

En acceptant ces propositions, l’Etat pourrait ne plus se satisfaire de contraindre une partie de ses citoyenNEs à l'échec scolaire, au chômage, à la prostitution non désirée, voire au suicide, il appuierait lui même sur la détente.

Cette année, le thème du 17 mai** est la lutte contre la transphobie. Ce mot d'ordre semble traduire une prise de conscience salutaire de la part de la communauté LGBT de l'urgence de la situation d'une de leurs minorités les plus invisibles. Car en cette année de 40ème anniversaire des émeutes de Stonewall, certainEs ont la mémoire bien courte ! Qui se souvient de Sylvia Rivera, transvestie en première ligne?
Pink Freak’x se réjouit que Chrysalide à Lyon, OUTrans et Etudions Gayment à Paris,*** s'unissent à cette minute de cris

Trans, homo, hétéro, il ne faut pas être dupe, accepter ce projet de rapport c’est cautionner la sacralisation de la binarité des genres qui nous menacent toutes et tous de la même façon !

Le 16 mai à 16h Pink Freak’x appelle touTEs les Resistrans sur la place de la comédie, pour que les voix des Trans soient enfin entendues !

Pink Freak’X exige :
-la modification de ce projet de rapport par la consultation de touTEs les acteurs-trices des questions Trans.
-la déclassification du transsexualisme du répertoire des maladies mentales de l’OMS
-le remboursement de la prise en charge de la transition par la Sécurité Sociale
-l'aide à l'auto-diagnostique et la dépsychatrisation des questions Trans
-la formation des personnelLEs soignantEs aux questions Trans
-une étude épidémiologique sur la séroprévalence dans la communauté Trans
-la reconnaissance de la transphobie par la HALDE
-la fin de l'inscription du genre sur l'état civil

Relations Presses : Louis Letertre
Pinkfreak.x@gmail.com
http://pinkfreakx.e-monsite.com/
 
source : Facebook | Naïel Lemoine

[tribuneProjet de rapport HAS… Ouf, ça n'est qu'un projet ! par Isabelle (transsexualité.com)
De quoi parle-t-on ? Faire évoluer la prise charge médicale du transsexualisme ou prendre en charge le transsexualisme ?
Le document consultable en ligne s'intitule "Situation actuelle et perspectives d'évolution de la prise en charge médicale du transsexualisme en France" Projet nécessaire et louable en effet vu la situation empirique dénoncée depuis longtemps ! Mais on lit sur le communiqué de presse qu'il s'agit d'un "Projet de rapport sur la prise en charge du transsexualisme", puis, on lit sur la même page: "La Haute Autorité de Santé a élaboré un projet de rapport sur le transsexualisme et sa prise en charge médicale […]" Le sujet est trop sérieux pour ne pas souligner ce manque de clarté qui marque un embarras certain… ce que l'on peut comprendre.

Qui parle de qui ? Ou "à qui profite le crime" ?
Exercice impossible en effet que celui de mettre toutes les personnes transidentitaires et leurs problèmes sociétaux dans une seule case, exercice réalisé de surcroît par un organisme spécialisé en santé (un projet interministériel serait plus judicieux). Ce que tente malgrè tout les auteurs, quitte à évacuer le texte intéressant de Marcela Iacub (on nous précise que son texte "n'engage que la vision de l'auteur") et à accumuler des amalgames. Et l'on comprend donc, dans les conclusions, que l'on ne parlera que des personnes désireuses de traitements hormonaux assortis d'une chirurgie génitale, diagnostiquées grâce au DSM, devant être des patients "pris en charge" à travers des protocoles dans des centres "experts"… Mais n'est-ce pas justement ce qui existe déjà, de façon non officielle ? Nous ne sommes pas dupes de la pression majoritaire exercée par les équipes professionnelles françaises existantes, ceux-là même qui sont les "experts" consultés par la HAS, dont un pourcentage non négligeable de parisiens (on peut légalement retrouver leur déclaration publique d'intérêts sur la page dédiée de la HAS). Ces équipes ont tout intérêt à ce que leur structure soit légalisée et non plus tolérée. Mais manifestement, à ce stade (de projet) du rapport, on s'éloigne vite de la déclaration d'intention : "Projet visant à un meilleur bien-être des trans" au profit du bien-être d'autres, auxquels s'opposent depuis longtemps la plupart des associations.

Comment parle-t-on des personnes transidentitaires ?
• Puisque le bien-être des trans est un objectif, nous ne comprenons pas pourquoi le rapport ne respecte pas une demande grammaticale simple exprimée par toutes les associations : depuis longtemps en effet, le genre grammatical est inversé dans tous les textes des "experts": "un homme transsexuel veut devenir une femme" alors que le bon sens indique qu'un homme transsexuel, c'est un FtM. Cela serait un signe encourageant et marquant le respect si le futur rapport applique cette règle. (sans rien engager par ailleurs)
Malades mentaux ? Une précaution maladroite est prise à l'évocation du DSM, on nous dit en effet de ne surtout pas penser que cela est discriminant d'être sur cette liste… mauvaise blague ?
Patients ou usagers ? De la même façon, les auteurs, en début d'ouvrage, nous indiquent que "patients" est synonyme d'usagers des services de soins. Mais pourquoi alors ne pas employer le terme "usagers", comme cela existe dans d'autres rapports de la HAS ?

Conclusions, propositions et perspectives pour une deuxième étape
De quoi et de qui parle-t-on ? De la prise en charge de malades mentaux ou d'une meilleure prise en charge de l'aspect médical du transsexualisme ?
On a la sensation d'un grand fourre-tout cousu par des auteurs mal à l'aise face à une tâche qui dépasse leur champ de compétences (la France avant-tout doit prendre l'initiative politique de la déclassification DSM, ce qui libérera les médecins de la toute puissance du diagnostic pour se consacrer alors à un véritable travail d'accompagnement). Dans cet écrit, ajoutons l'anonymat des experts… ce que certains ne comprennent pas… et l'impression que l'on veut caresser les trans' militants dans le sens du poil en prenant quelques précautions verbales… sur les conseils sans doute de personnes avisées (expertes?).
L'équipe de l'HAS n'a pas encore travaillé avec les associations et personnalités trans', celles-ci sont porteuses de propositions innovantes et sérieuses, une seule réunion a eu pour but l'écoute des "revendications", l'autre fut une réunion d'information. Il serait temps en effet de prendre au sérieux l'ensemble de ceux qui, par le vécu et l'expérience de terrain, de confrontation à la vie sociale et la rencontre de centaines de personnes transidentitaires, de leurs proches, de leurs enfants, de leurs parents, possèdent un savoir bien différent de celui des "experts" de cabinets hospitaliers. Pour exemple, ceux-ci préconisent encore le fameux test de vie réel : c'est un suicide social commandé, idem pour les traitements hormonaux décomposés en deux temps: programme médical pour créer une dépression… procédés archaïques et dangereux, créant du mal-être et non du bien-être dans une période où l'isolement est tellement fréquent.
Bien que le projet de rapport mentionne que les "congrès" (on peut comprendre également les "écrits") organisés par les trans' ne sont pas crédibles puisque non objectifssouhaitons que la deuxième étape de ce travail verra le jour d'un réel partenariat qui prendra en compte les réactions et les résultats de la consultation publique, dans le cas contraire, on aboutira à une usine à gaz mensongère en décalage avec la réalité qui risque de faire fuir plutôt que de réunir, telles que les conclusions et préconisations provisoires le font penser.


Isa², 11/05/09, http://transsexualite.com
Communiqué de presse sur le site de la HAS - Projet de rapport .pdf


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