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Publié par caphi

> Sortie dans les salles françaises depuis le 18 novembre 2009

"Strella" de Panos H. Koutras

"Un film grec qui débute comme du Melville, continue comme du Fassbinder et se termine comme du Disney, ce n’est pas si courant sur nos écrans (...) Film bousculant les tabous, Strella nous laisse sur une scène construite sur ce qui rassemble les êtres et fonde leur humanité commune" [S.Kaganski, Les Inrocks]

"Un film étrange qui vaut le détour, vu un soir, très tard, au Panorama" écrivait Aurélien Ferenczi, journaliste de
Télérama.fr sur son fil cinéma à l'occasion de sa projection à la Berlinale en janvier 2009 :
"Strella" de Panos H. Koutras ou l'anti-tragédie « queer » racontant les retrouvailles d'un père qui sort de prison avec son grand fils transsexuel(le) et prostitué(e)...
"Strella est la troisième réalisation du Grec Panos Koutras, qui avait signé L'Attaque de la moussaka géante, film catastrophe gay et fauché, souvent diffusé sur le câble – et même Arte ! Cette histoire athénienne improbable, anti-tragédie « queer » qui raconte les retrouvailles d'un père qui sort de prison avec son grand fils transsexuel et prostitué(e) – on ne dira pas la nature des retrouvailles, elles sont corsées. C'est un sujet à la Almodóvar que Panos Koutras traite sans stylisation abusive, dans une sorte de naturalisme qui devrait être plombé, mais qui est peu à peu gagné par une énergie vitale impressionnante. Il faut dire que Mina Orfanou, qui joue le rôle principal – avec hommage à Callas au passage –, donne au film son tempérament explosif. (source : Le fil cinéma - Cinécure  / Télérama.fr)

L'histoire
: De nos jours à Athènes, Yiorgos retrouve la liberté après quatorze années passées en prison. Dans cette ville devenue étrangère, il se met en quête de son fils, dont il a totalement perdu la trace. Réfugié dans un hôtel interlope, il rencontre Strella, sa voisine de pallier, une chanteuse de cabaret qui arrondit ses fins de mois en se prostituant...

Mon avis
: Tragédie grecque version "queer" magnifiquement interprétée par une transsexuelle,
Mina Orfanou.

Strella Bande Annonce du film (source : LE-PETIT-BULLETIN)


Critiques choisies : "Transe grecque. Belle histoire tragique qui évoque le malaise des transsexuels" [aVoir-aLire.com] "Le réalisateur grec livre une œuvre puissante et profonde, se mettant à l’abri de toute controverse légitime en évitant les écueils du folklore à plumes et du trash malsain" [Philippe Peter, France-Soir] "Le film est porté par Mina Orfanou, impeccable Strella" [Plongée dans l'univers des prostitués trans - Têtu] "Un film dont la liberté de ton, le respect pour ses personnages, les ruptures inattendues de style et de registre (entre la piquante alacrité d'un Pedro Almodovar et le lyrisme opératique d'un Werner Schroeter) valent le détour" [Jacques Mandelbaum, Le Monde] "Plus le film avance - allez le voir pour comprendre-, plus il libère une énergie vitale chaleureuse, qui vous emporte dans un tourbillon réconfortant" [Strella, brise les tabous - Emmanuel Cirodde, Studio Ciné Live] "Ce drame poignant qui culmine lors de la fête de Noël est ce qu’on a vu de plus lyrique depuis longtemps sur la confusion des genres et des sentiments. Almodovar, qui joue avec la transgression sur un mode de plus en plus policé, devrait s’inspirer de ce prosaïsme et de cette sobriété" [l'Humanite] "Koutras mérite d'être suivi de près, car il est un des seuls réalisateurs grecs actuels à filmer les tabous de son pays" [Christophe Carrière, L'Express]

"Problématique oedipienne, théâtre cathartique, choeur des amis, sexualité dans tous ses états, c'est à une revisite contemporaine totale de la mythologie et de la tragédie grecques que nous convie le réalisateur." [Serge Kaganski, Les Inrockuptibles] "Une étonnante tragi-comédie dont le rôle-titre est joué par un transsexuel de 24 ans. Un film tenu par un scénario et une interprétation de qualité" [Alexis Campion, Le Journal du Dimanche] "Strella est une météorite qu'on a parfois du mal à suivre. Mais dans son sillage, quelle somptueuse poussière d'étoiles" [Gérard Lefort, Libération]

une critique en entier
Strella : Une histoire d’amour impossible
Le réalisateur grec s’attaque à la transsexualité. Un sujet difficile qu’il traite sans voyeurisme malsain.
par Philippe Peter, France-Soir, 18 novembre 2009
Après quatorze années de détention, Yiorgos retrouve enfin la liberté. Il se met en quête de son fils dont il a totalement perdu la trace depuis son incarcération. Réfugié dans un hôtel miteux, il rencontre Strella, une transsexuelle qui chante dans un cabaret et arrondit ses fins de mois en se prostituant. Contre toute attente, une passion naît entre eux. Ils entament une vie de couple apaisée jusqu’au jour où les vieux fantômes du passé viennent troubler cette belle histoire encore balbutiante.

En abordant la transsexualité, Panos H. Koutras s’attaque à un sujet particulièrement difficile à traiter au cinéma. Comme les producteurs ont catégoriquement rejeté son scénario, il a entièrement autoproduit son troisième long-métrage. Aucun acteur professionnel n’a en outre accepté de jouer dans son film, estimant le sujet trop délétère.

En dépit de toutes ces difficultés, le réalisateur grec livre une œuvre puissante et profonde, se mettant à l’abri de toute controverse légitime en évitant les écueils du folklore à plumes et du trash malsain. Une histoire d’amour impossible et de retrouvailles improbables dans un univers malgré tout teinté d’une certaine perversité déstabilisante.
lien de l'article :
www.francesoir.fr/cinema/2009/11/18/strella.html

> autre critique / DVDRAMA

Extraits


> Sortie dans les salles françaises depuis le 18 novembre 2009

Critique de spectateurs [AlloCiné] :
 
"Film transgenre, surprenant et touchant, contemporain et mythologique, de la tragédie au mélo queer, audacieux !" [JKo]
 
 "Défi des tabous des anciens ? Tout sur mon père ? L’article un peu brutal de Gérard Lefort dans Libé qui commence par "Hellène est le garçon" aurait pu me tuer dans le genre transphobie ordinaire. Mais bon cette critique se rattrape par une adhésion forte viscérale qui vaut bien la mienne totale pour ce film et une belle trouvaille pour la sublime Mina Orfanou qui incarne Strella et que Lefort gratifie de 'grand genre'. Ce film est un bel OVNI qui balance entre le tragique et le léger dans cette ville du monde. Toute en lumières, en érotisme, en amour brûlant, il célèbre la virilité sans le machisme et la féminité construite autour des paillettes mais sans autre besoin que de survivre, vibrer et aimer dans un sous-monde. Et tout prend corps dans le désir brulant des de l’actrice et l’acteur. La folie de Strella, ses dons, son attraction va faire voler en éclat ce que le scénariste a su nouer habilement. Panos Koutras réalise ici un film brut, simple, naïf et brillant. Et effectivement ouvre des scènes magnifiques pour que Mina Orfanou y joue d’une talentueuse et large palette. Un film construit sur ce que beaucoup d’hétéronormés considèrent comme un jeu de genres sans objet. Mais quand, comme Yiorgos, le héros errant, on a à se reconstruire aussi, on comprend un peu qu’il ne peut que l’aimer, elle qui s’est faite sur ses cendres, lui qui verra amèrement qu’il les a brûlés tous les deux. Elle l'a aimé bien avant tout. Alors patiemment ils retrouvent et/ou remontent leurs jouets et se recomposent. Le film restant flou sur ce qui subsiste alors des braises de leur désir si fortement mis en lumière et chahuté par cette réalisation." [ggtours]

"Avant tout une superbe histoire d'amour, hors norme. un film qui ne ressemble à aucun autre et qui vous prend aux tripes. Bouleversant. Une ode à la famille recomposée, un appel à la tolérance. Bref, il faut voir Strella" [xando]


Actualités &
[anecdotes]
source : EVENE

‘Strella’ dans les festivals 2009
Le film a été sélectionné dans la section Panorama à la 59e Berlinale du film ainsi qu'au 37e Festival international du film de La Rochelle.

Sujet tabou

Le réalisateur a rencontré de grandes difficultés pour financer son film, le sujet de la transsexualité et de l'homosexualité étant encore très tabou en Grèce. C'est finalement grâce à des amis et sa propre société de production qu'il a pu aller au bout de son projet. Le CNC grec ne l'a aidé qu'ensuite, pour couvrir les nombreuses dettes qu'il avait pu cumuler.

Recherche acteur désespérément

Seul Yiannis Kokiasmenos n'a pas fui lorsque le réalisateur de 'Strella' lui a proposé le rôle et annoncé qu'il donnerait la réplique à une transsexuelle. Les acteurs grecs plus connus, soucieux de leur image publique, refusèrent de jouer avec une actrice trop 'extra-ordinaire' pour eux.

Casting d'anonymes

En choisissant Mina Orfanou, actrice non professionnelle pour jouer le rôle principal de son film, Panos H. Koutras a décidé, pour plus de spontanéité et d'harmonie, de ne choisir ses acteurs que parmi des amateurs. Seul Yiannis Kokiasmenos avait déjà joué au cinéma.

Strella de Panos H. Koutras (Grèce, 1H46, interdit aux moins de douze ans) avec Mina Orfanou, Iannis Kokiasmenos, Minos Theoharis

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