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Publié par caphi

 

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a annoncé jeudi la création d'un observatoire de la diversité dans les médias, qui se penchera sur les questions d'origine, d'âge, de sexe ou de handicap, et sera présidé par Rachid Arhab.

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a annoncé jeudi la création d'un observatoire de la diversité dans les médias, qui se penchera sur les questions d'origine, d'âge, de sexe ou de handicap, et sera présidé par Rachid Arhab.

Cet observatoire est destiné à "suivre les politiques mises en oeuvre par les chaînes" pour représenter la diversité de la société française, a déclaré lors d'une conférence de presse l'ex-journaliste Rachid Arhab, conseiller au CSA et président du groupe de travail "diversité".

"Miroir de la société, les médias se doivent de présenter un visage conforme à la France d'aujourd'hui (...). Le CSA souhaite inciter les opérateurs à mettre en avant la diversité dans les programmes audiovisuels, et à lutter contre les discriminations", explique la haute autorité audiovisuelle.

L'observatoire devra "suivre, orienter, amender et valider les travaux menés par le CSA et les chercheurs associés" et son premier travail sera de "piloter l'étude prochainement lancée sur l'ensemble des chaînes de la télévision numérique terrestre (TNT)", a ajouté Rachid Arhab. "Nous avons assisté à un léger mieux dans la société sur la question de la diversité mais cette démarche reste pour l'instant trop générale, voire simplement généreuse", a-t-il commenté, précisant qu'il n'était "pas un farouche partisan des quotas".

L'observatoire sera composé de dix membres: le conseiller du CSA Alain Méar, vice-président du groupe de travail "diversité", la réalisatrice Yamina Benguigui, la professeur de droit Jeannette Bougrab, l'ex-président du CSA Hervé Bourges, Anne Debet de la CNIL, le producteur et réalisateur Renaud Le Van Kim, l'acteur et metteur en scène Jacques Martial, Lydia Meziani, conseillère technique au cabinet du président du Sénat, Marie-France Picart de la Halde et Richard Senghor, rapporteur général du Haut conseil à l'intégration (HCI).

Mis en ligne le 31/03/2008 par E-llico.com 


Discriminations transphobes au sein des médias télévisuels : courrier envoyé au C.S.A.
A l'occasion de la diffusion de la très controversée - et douteuse - émission "Myriam" sur TF6, la coordination Existrans a envoyé un courrier à Dominique Baudis, président du CSA. Voici ce courrier :

Paris, le 3 mars 2006

Expéditeur : Coordination Existrans, au bon soin d'Act Up-Paris

À l'attention de Dominique Baudis Président du CSA

Objet : Discriminations transphobes au sein des médias télévisuels

Monsieur,

La coordination Existrans qui regroupe cinq associations trans de France souhaite attirer votre attention sur la diffusion d'une emission de TV réalité britannique sur TF6, le 6 mars : "Myriam et les 6 garçons".

Dans ce jeu de séduction les six hommes participants n'apprennent qu'à la fin que la très belle fille qu'ils doivent séduire est une femme transgenre, une transsexuelle non opérée si vous préférez. TF6 qui diffusera l'émission, espère faire son audimat en amusant le public des réactions de phobie des hommes séduits : l'émission n'a pu être diffusée en Grande Bretagne qu'après que les six participants à l'émission aient abandonné leurs poursuites judiciaires à l'encontre du producteur contre un large dédommagement.

Ce genre d'émission nous inquiète car il nous rappelle le crime transphobe qu'a subi Gwen Araujo, jeune transgenre américaine de 17 ans assassinée le 3 octobre 2001 à Newark (USA). Ses meurtriers avait commencé un rapport sexuel avec elle et s'apercevant de sa transidentité l'ont frappée et étranglée, l'abandonnant à 250 km du lieu du crime, plaidant ensuite la "panique".

Cette émission entretient un stéréotype dont nous sommes victimes : on devient trans pour "abuser" les hétérosexuels, pour le plus grand plaisir d'une partie du public prenant un plaisir sadique à voir ces hommes "trompés sur la marchandise", faisant d'une trans un objet de dégoût. La presse britannique a laissé filtrer que sur le plateau certaines réactions des "séducteurs" avaient été brutales.

Cette émission laisse entendre aux spectateurs, qu'en étant elle-même la trans "s'est bien moquée d'eux" et que les réactions de violence à son sujet sont légitimes. Pour nous une telle émission se rend complice des nombreux cas de violence qui nous frappent.

Quand la télévision pourra-t-elle au contraire avoir un rôle pédagogique et lutter contre la transphobie ?

Ce n'est pas la première fois que les médias présentent les trans comme des curiosités ou des monstruosités sexuelles, des objets de curiosité malsaine. La communauté trans - nous l'estimons à 60.000 personnes pour les deux genres - est le plus souvent présentée sous un angle voyeuriste discriminant. Les filles sont sur-sexualisées, quand on ne nous réduit pas à l'état de malades mentaux, au mieux dignes de compassion pour nos "souffrances". Combien de fois des journalistes nous ont-ils demandés des images de nous avant/après notre transition, pour se désintéresser complètement des revendications que nous voulons porter ? Combien de fois nous a-t-on renvoyé notre identité au visage "vous étiez un homme", "de Luc vous êtes passé à Vanina"... Les hommes trans sont le plus souvent évacués comme s'ils n'existaient pas.

Récemment encore, sur le service public, Marc-Olivier Fogiel recevait la chanteuse Marie-France dans "On ne peut pas plaire à tout le monde" sur France 3. Marie-France était venue faire la promotion d'un spectacle et d'un album, elle est montée chanter sur scène la première fois sous le nom de Marie-France en 1967 à l'Alcazar. Elle est légalement une femme. "Vous êtes née homme !", "quel est votre vrai prénom ?" (elle s'appelle légalement Marie-France !)... sans arrêt les animateurs de l'émission remettaient la question sur le tapis, tandis qu'en incrustation on pouvait lire "Né garçon devenue femme". Est-ce que Marc-Olivier Fogiel peut comprendre que, si lui se permet ce genre de questions à une personne qui n'est pas venue pour ça - il pouvait en trouver d'autres qui en seraient, elles, enchantées - ses spectateurs peuvent se permettre la même chose, d'apostropher une collègue de travail sur son passé, ou n'importe qui passant dans la rue ?

Et quand Arte fait une émission "sérieuse" sur les trans, toutes sortes de spécialistes sont invités... mais pas de représentants des associations trans françaises. N'est-ce pas une belle image de la discrimination qui nous touche qu'on organise des débats sur nous sans nous ?

Faut-il vous rappeler que la communauté trans en France est une des communautés où vous allez trouver le plus fort taux de Sida chez les femmes, de chômage, de RMI, de personnes touchant la Cotorep, d'échec scolaire... et de personnes subissant des violences publiques ? Est-ce la mission de la télévision d'augmenter encore nos problèmes ?

Nous vous demandons donc de rappeler à l'ordre l'ensemble des chaînes de télévision notamment celles du service public afin qu'elles cessent de véhiculer tout acte ou propos discriminant. Nous aimerions que Marc-Olivier Fogiel fasse des excuses publiques à Marie-France, et que vous interveniez à l'encontre de TF6.

Par la même occasion vous remarquerez qu'aucun ou aucune trans visible n'est présent sur le PAF (Vincent Mc Doom parle de lui au masculin et revendique le fait "qu'il n'est pas un travelo"). Il y en eu une dans les années soixante qui présentait la météo. Les journaux à scandales s'acharnèrent sur elle, elle fut renvoyée.

Dans l'attente d'une réponse rapide et favorable, veuillez agréer, Monsieur le président, l'expression de nos salutations distinguées.

Pour l'Existrans : Vincent Avron (ASB), Carine Boeuf (GAT), Maud-Yeuse Thomas et Karine Espineira (Sans Contrefaçon), Marine Olivia (Mutatis Mutandi), Hélène Hazera (Commission Trans Act Up-Paris), Nadya (Trans Act), Olivier Guillot (Organisation Internationale des Intersexué-e-s)

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