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Publié par caphi

Ce documentaire a été diffusé fin avril 2008 sur France 3 à des heures indues (23  H 10 un dimanche soir et une rediffusion à plus de 2 H du matin !).

Pourtant, rarement un documentaire français a donné avec autant de respect la parole aux transsexuel(le)s !

Peut-être bientôt en DVD ?

A suivre...

NOUS N'IRONS PLUS AU BOIS Docu. - Société 

Origine : Fra. (2007) Stéréo.


Réalisation : Josée Dayan.

Date : 27/04/2008
Horaire : 23H10 - 00H25
Durée : 74 mn

Etre femme et naître dans la peau d'un homme ou l'inverse : une «étourderie» de la nature qu'il est possible de surmonter. Josée Dayan propose de découvrir des portraits croisés de transsexuels. Certains assument parfaitement leur différence, tandis que d'autres, au contraire, en souffrent. Chacun raconte son parcours, ses espoirs et la difficulté de changer de sexe en France. Au-delà des clichés, des amalgames et des insinuations douteuses, des spécialistes de la question transgenre témoignent également, comme la comédienne Pascale Ourbih, militante dans les associations d'aide aux transsexuels, ou Eric Fassin, maître de conférences à l'Ecole normale supérieure.
source : France 3


Diffusé dans un premier temps sur Jimmy ( l'automne dernier), le documentaire Nous n'irons plus au bois a été programmé sur France 3 le dimanche 27 avril 2008 à 23h10.

Ce film signé Josée Dayan est consacré aux transexuels. La réalisatrice les a écoutés, sans tabou ni jugement, raconter leurs parcours, leurs souffrances comme leurs attentes.

"Il y a celles qui ont choisi la lumière de la scène et celles qui mènent la vie discrète de parfaites anonymes, celles qui ont raconté leur histoire et celles qui portent seules leur secret, celles qui ont trouvé la paix et celles qui la cherchent encore…

Mais derrière la diversité des parcours de vie, ces femmes ont toutes un destin hors du commun : elles sont nées dans la peau d’un homme et, au prix de réelles souffrances physiques et morales, ont corrigé cette « étourderie » de la nature et mis leur corps en accord avec leur véritable identité.

Les transsexuelles ne sont pas à proprement parler un tabou. On en parle et on en parle même beaucoup. Mais les a-t-on déjà écoutées ? A-t-on jamais laissé une chance à leur voix de s’élever au-dessus de la cacophonie glauque et racoleuse où dominent les clichés, les amalgames et les insinuations douteuses ?"

Sommaire :

Interview de Pascale Ourbih
Pascale a une trentaine d’années. Fervente militante pour la cause des transsexuelles, elle fait partie de diverses associations et était inscrite sur la liste des candidats aux élections municipales du parti des Verts, dans la circonscription du XVIe arrondissement à Paris.
Très au fait de la question transgenre, tant sur le plan politico-juridique que sur celui de la médecine, Pascale nous raconte le parcours du combattant qu’est celui, encore en 2006, d’un transsexuel qui veut changer de sexe.
Pascale est également comédienne.

Interview de Bambi
Bambi est une pionnière. Considérée comme l’une des plus belles femmes de son temps, elle nous raconte sa vie, épopée magnifique. De son village d’Algérie à la banlieue parisienne, de sa première robe à l’opération, des planches du Carrousel aux rangs de l’Education nationale, Bambi nous fait partager sa vie hors du commun.

Interviews de Gaetane, Manuela et Nancy
Trois femmes, trois parcours.
La grande Gaëtane a fait ses armes au Carrousel aux côtés de Bambi, dans les années soixante Elle a une vision réservée, et parfois même dure, du monde dans lequel elle a évolué.
Manuela, charmante demoiselle, qui paraît subir sa féminité plus que l’accepter. Ses relations avec les hommes semblent lui rappeler constamment ce qu’elle vit comme sa « différence ».
Tout le contraire de Nancy, ancienne meneuse de revue, qui a vécu sa vie de femme de la façon la plus épanouie qui soit, tant sur le plan public que privé. Aujourd’hui à la retraite, elle pose un regard serein sur l’ensemble de son parcours.

Interview de Claire Carthonnet
Claire est une jeune femme d’une trentaine d’années. Chef de file des prostituées de Lyon d’où elle est originaire, elle nous raconte son parcours dans la prostitution, d’abord en tant que jeune garçon puis, après son opération, en tant que femme.

Sont également présents dans le documentaire :
Interview d’Andrea, hôtesse de l’air.
Interview d’Axel, un transsexuel garçon (fille devenue garçon).
Interview de Marie-Hélène Bourcier, sociologue, spécialiste de la question transsexuelle.
Interview d’Eric Fassin, maître de conférence à l’Ecole normale supérieure, historien des transsexuels.
Interview de Laure Murat, historienne.

Josée Dayan :

"
Je ne fais pratiquement pas de documentaire, mais c’est un sujet qui m’avait bouleversé il y a trente ans en découvrant un film de Fassbinder. Le personnage principal de L’Année des 13 lunes était en effet transsexuel. Le temps a passé et puis, à l’occasion d’une soirée, il y a deux ans, je rencontre une jeune femme dont je comprends au cours de la conversation qu’elle est transsexuelle, et m’est tout à coup revenu l’intérêt suscité par le film de Fassbinder.

Je n’ai pas voulu utiliser un ton larmoyant ni porter un jugement. Je souhaitais un vrai regard sur le sujet, loin des clichés racoleurs et des propos souvent douteux... C’est cette optique qui a décidé Bambi, Claire et les autres à témoigner pour la télévision alors qu’elles avaient toutes refusé jusqu’à présent.

L’objectif de ce film est de démontrer que le sexe n’est pas une catégorie naturelle mais une catégorie d’état. De ce fait, le sexe et le genre ne coïncident pas toujours. Il existe parfois un décalage entre l’identité sociale et l’identité sexuelle. Les formes qu’il prend varient selon les individus, lesquels ont été qualifiés, suivant les époques, de « troisième sexe », « travestis », « invertis » (pour la médecine) ou « transsexuels ».

J’ai choisi de conclure ce documentaire par cette phrase de Claire que je trouve formidable qui explique que si la société ne lui avait pas demandé de choisir sa place dans un système binaire, elle n’aurait peut-être pas fait cette mutation. Mais, même si la médecine française considère toujours que la transsexualité est une maladie mentale (contrairement à l’homosexualité), les mentalités évoluent, d’où mon titre : « Nous n’irons plus au bois ». Les transsexuelles ont dorénavant d’autres choix que la prostitution et peuvent espérer être professeur, banquier ou chef d’entreprise
.
"


Extraits de l'émission

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