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Publié par caphi

Parce qu’en France, rien n’est fait pour faire connaître la dysphorie de genre, le problème des intersexuéEs, les étapes d’une transition Mtf ou FtM, des actes de violence se produisent.

 

Communiqué de l'Association du Syndrome de Benjamin

Le dimanche 12 octobre 2008 au soir, soit le lendemain de la marche Existrans, Shyne a été pris à partie par une demi-douzaine de personnes, subissant dans un premier temps des insultes. En entendant le son de sa voix, les individus ont émis des insultes portant sur l’apparence masculine de Shyne et sur sa voix peu grave. L’ayant reconnu comme l’une des personnes qui ont manifesté la veille pour l’Existrans, ils l’ont ensuite passé à tabac. Shyne a été déclaré en incapacité totale de travail de 2 mois renouvelable, et a 2 côtes cassées et 22 points de sutures.

 

Cette agression est un acte de transphobie. La transphobie est une oppression spécifique qui touche les personnes non conformes au système de genre binaire et figé qui assigne les individus au genre soit masculin, soit féminin. La transphobie touche : les personnes androgynes, les garçons efféminés, les filles masculines, les FtM (Female to Male), les MtF (Male to Female), les personnes intersexes, les personnes qui ne s’identifient et ne sont perçuEs ni comme homme ni comme femme, les personnes transsexuelles, et les personnes transgenres.

La transphobie a des conséquences concrètes : elle fait de l’espace public un espace toujours potentiellement dangereux, elle invisibilise les personnes trans’ en rendant difficile d’avoir une existence sociale dans son genre d’élection, et elle peut amener en retour les personnes trans’ à se replier sur soi, à avoir peur de se visibiliser et à demeurer encore plus isoléEs.

Etre victime de transphobie, c’est avoir des difficultés à retirer un paquet à la poste, c’est être clandestin dans son propre pays parce que ses papiers ne correspondent pas à son identité, c’est avoir des difficultés à être employéE, à trouver un logement, c’est faire d’un banal contrôle de titre de transport l’obligation d’étaler sa vie privée, c’est se sentir en danger dans la rue et face aux policiers, c’est subir des violences symboliques voire physiques, au quotidien, et être soumisE à la mainmise des psychiatres, seulEs habilités à juger du bien-fondé de notre identité et de notre existence.

En France, la transphobie n’a pas d’existence juridique, et la seule autorité compétente, la Halde, a certes des prises de positions favorables aux victimes de transphobie, mais qui ne sont fondées sur aucun texte juridique, d’où le caractère fluctuant et singulier de ses avis.
Pourtant la transphobie existe, c’est pourquoi nous exigeons :
- l’inscription de la discrimination de genre dans la loi (Code civil, Code du travail, Code pénal…)
- la facilitation du changement d’état civil
- une véritable politique de lutte contre les discriminations fondées sur l’identité de genre
- une politique d’éducation et de prévention généralisée sur la transphobie et les identités trans’
- l’institutionnalisation de la lutte nécessaire contre le binarisme et l’hétéronormativité, afin de lutter efficacement contre la transphobie au même titre que la lesbophobie, l’homophobie et le sexisme
- et plus largement la dépsychiatrisation des questions trans’, ainsi qu’une refondation des relations entre le corps médical et les personnes trans’, la mainmise des psychiatres étant une forme de transphobie lourde et de long terme.

 
> Qu'est-ce que la transphobie ?

le 20 Novembre, JOURNEE DE LA MEMOIRE TRANSGENRE (Transgender Remember Day), en souvenir de toutes les personnes transgenres assassinées. Pour se faire une idée à quel point la transphobie tue, voir le mémorial « remembering our dead » qui malheureusement ne répertorie pas
tous les assassinats de personnes transgenres dans le monde :
http://rememberingourdead.org

communiqué du Collectif Uni-T (extraits)
CONTRE L'AGRESSION DE SHYNE ET CONTRE LA TRANSPHOBIE

REAGISSONS !
 
Bonjour à touTEs,
 
Le dimanche 12 octobre au soir, Shyne a subi une agression transphobe. Ses agresseurs l'ont identifié comme faisant partie de la Marche Existrans de la veille, avant de le passer à tabac avec une grande violence. Comme tous les actes de transphobie, c'est touTEs les personnes trans', et plus largement touTEs les personnes qui peuvent être oppriméEs par la transphobie que cette agression touche.

Sur l'impulsion de Shyne, et avec ses amiEs réunis sous le nom de Collectif UNI-T contre la transphobie, une réaction non violente s'organise : cette agression ne doit surtout pas être l'occasion de nous replier sur nous-mêmes, ni générer la peur de nous visibiliser.
 
Pour que l'agression de Shyne ne soit pas oubliée ; pour que chacunE puisse exprimer sa colère face à la transphobie quotidienne, qu'elle s'exprime par la violence physique, la violence urbaine, mais aussi la violence symbolique des spécialistes auto-proclaméEs et du corps médical ; pour hurler le nom des victimes de transphobie du monde entier ;
 
Manifestons CONTRE LA TRANSPHOBIE !
 
Le mot d'ordre du rassemblement est : UNITE CONTRE LA TRANSPHOBIE
 * * *

Durtal pour UNI-T contre la transphobie

* *
En savoir plus :
www.facebook.com/n/?event.php&eid=32485001311

 

ACTION CONTRE la TRANSPHOBIE

A la suite de l'agression de Shyne, un jeune Trans FtM* au lendemain de la récente Marche Existrans, un rassemblement d'une cinquantaine de personnes s'est tenu le samedi 25 octobre à Paris contre la TRANSPHOBIE et pour informer de la situation difficile des Transsexuel(le)s, Intergenres, Hermaphrodites et Transgenres en France, "minorités des minorités".

Le premier a eu lieu à l'intiative du nouveau collectif UNI-T à 14 H 30, place de l'hôtel de ville de Paris (non autorisé) puis un autre (autorisé), à l'initiative d'ACT-UP Paris à 16 H, place Edmond Michelet (Beaubourg, Paris IVe). Le nombre restreint de personnes présentes vient du fait que l'information a circulée bien trop tardivement et peut-être aussi, en raison du trouble qu'a engendré le fait qu'elle se soit déroulée dans 2 lieux différents.

Toutefois, j'ai profité de la présence d'une équipe de la chaîne de télévision Canal + qui effectuait un autre reportage près du lieu de RV pour exprimer succinctement devant la caméra nos revendications.
Les deux membres de l'équipe m'ont assuré du passage de mon intervention, une minute environ, sans coupure.
Malheureusement, je n'ai pas notée dans quelle émission mon intervention sera diffusée.
Si vous avez des informations, merci de me le faire savoir. Mieux : si vous avez une copie de la vidéo, je ne me priverai pas de la diffuser ici.

Bien à vous.

 
Caphi, journaliste MtF
 
* FtM (female to male)


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