Depuis samedi, Françoise Médard, 57 ans, François pour l'état civil ne peut plus boire son café, comme elle
avait l'habitude de le faire depuis deux ans après avoir acheté son paquet de cigarettes quotidien dans l'établissement proche de son domicile. Depuis le 12 mai, le couple Minetti, les
propriétaires du Magenta, à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), refuse systématiquement de la servir prétextant que les jupes courtes de «cette personne» transgenre sont
«attentatoires à la pudeur, contraires à la morale et à l'éthique». La relation avec leur cliente, que les Minetti ont bien du mal à appeler au féminin parce qu'ils l'ont
«connue en homme», s'est détériorée il y a deux mois après que Françoise, qui dit vivre à «95 %» en femme depuis dix ans, a enregistré au commissariat une main
courante contre un autre client du café. «C'est un papy de 99 ans, avoue Lydie Minetti, il n'a plus qu'un seul plaisir dans la vie, c'est de regarder les jolies filles.
Françoise lui a fait ses effets de jambes, et il n'avait pas vu que c'était un monsieur.» Puis elle s'emporte : «Elle allume tout le monde, et après elle joue les vierges
effarouchées !» Le grand-père a fait des avances graveleuses, Françoise Médard s'en est fâchée, et depuis rien ne va plus au Magenta. Les Minetti se défendent d'être homophobes et
montrent pour preuve «leur littérature homosexuelle» sur le présentoir de presse. Ex-journaliste, Françoise Médard se défend de racoler et avance juste s'être constitué un noyau
d'amis. Les patrons du bar se plaignent aussi d'une baisse des consommations au comptoir, où Françoise a l'habitude de s'asseoir. Le litige se réglera devant un tribunal puisque Françoise a
porté plainte pour refus de vente auprès du procureur de la République de Nanterre, car le commissariat a refusé de l'enregistrer, n'y voyant «pas de motif pénal».