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Publié par caphi

Extraits d'un mémoire de DESS (2002)


Les personnes dites “transsexuelles” contestent le terme “transsexuel” à cause de la connotation sexuelle qu'il induit. Aucune dénomination proposée par les “psys” ne convient. Aucune association n'est d'accord sur l'expression à utiliser. Comme le Dr Harry BENJAMIN a été le premier médecin à décrire avec justesse la réalité du syndrome “transsexuel”, j'utilise les termes syndrome de Benjamin (du nom du fondateur) ou “transsexuel” entre guillemets.

La création du terme syndrome de Benjamin n'est pas due qu'aux fondateurs de l'Association du Syndrome de Benjamin. De nombreux “transsexuels” l'ont repris à leur compte, le préférant à celui de “transsexuel”. D'autres, reprochant à syndrome de Benjamin la partie syndrome qui serait pathologisante, le rejettent et préfèrent le terme de “transsexuel” ou de transgenre[104]. Quelques médecins ont repris le terme syndrome de Benjamin[105]. Qu'ils parlent de syndrome de “transsexualisme” ou de syndrome de Benjamin, cela ne changent rien pour eux car le terme syndrome est toujours présent. Pour eux, c'est clairement une entité nosographique à part entière. Que se soit une question médicale, c'est certain puisque la réponse l'est également. Mais, du point de vue des “transsexuels/les” cela ne relève en aucune façon de la psychiatrie.

Le “transsexualisme” est une transition d'un sexe à l'autre. C'est une personne qui naît dans un corps d'homme, qui, pour se préserver, se comporte assez souvent en apparence comme un homme mais qui a un sexe psychologique de femme (ou l'inverse). Cette personne qui fait sa transition ne change pas de sexe psychologique, mais d'apparence et de comportement. C'est physiquement et socialement que les choses se passent. Il y a un mouvement, un changement d'apparence d'un homme qui devient femme ou l'inverse. Même si elle n'est pas génétiquement de l'autre sexe, la personne “transsexuelle” l'est psychologiquement, socialement et physiquement. Ce qui fait une femme ou un homme, c'est avant tout le social, c'est donc une affaire de culture. Si le terme “transsexuel” décrit bien une transition physique (d'un sexe à l'autre), il ne décrit pas la réalité identitaire des personnes concernées. Syndrome de Benjamin non plus, mais il a l'avantage de d'éliminer la connotation sexuelle de “transsexuel”.

La plupart des “psys” nous désignent par notre sexe de naissance, même après la transformation. Voici qu'écrit Jacques BRETON[106]:

« Nous distinguons les transsexuels des deux sexes en les désignant par leur sexe d'origine, celui de leur biologie et de leur état civil, ce qui est sans ambiguïté. Nous disons donc transsexuel masculin ou féminin. Nous préférons masculin à mâle et féminin à femelle parce que c'est précisément la virilité ou la féminité qui leur fait défaut et que c'est dans le domaine du genre (masculin ou féminin) que réside le transsexualisme. »


A propos de la nomination, Denise VANNEREAU fait aussi ce constat[107]:

« Ainsi, dans tous les cas, on désigne un transsexuel sous l'appellation trompeuse et offensante de son seul sexe anatomique, tandis qu'on passe délibérément sous silence son sexe fondamental, qui est le sexe psychologique...
IL N'Y A PAS DE MEILLEURE MANIERE D'HUMILIER UN TRANSSEXUEL QUE DE LUI INFLIGER UNE DENOMINATION QUI VA A L'INVERSE DE SA CONVICTION... car la conviction d'un transsexuel est le siège de sa vraie nature.
 »



Notes:

 

[104]  Il y a autant de différence entre “transsexuel” et transgenre qu'entre “transsexuel” et transvesti. Bien qu'ayant des points communs, ce sont des réalités différentes.

[105]  Par exemple le Dr Mireille BONIERBALE, psychiatre, sexologue sur la région marseillaise. Elle suit des patients “transsexuels” dans le cadre d'une équipe médicale. BONIERBALE M., (2001), Transsexualisme: les grandes questions, in Livres des résumés, XVème Congrès Mondial de Sexologie, p. 258, 24-28 juin 2001, Palais des Congrès, Paris.

[106]  BRETON J., et coll., (1985), op. cit., p. 37.

[107]  VANNEREAU D., (1986), La sémantique et ses mensonges, in La question transsexuelle, Joseph DOUCÉ Eds, 1986, Paris, Lumière & Justice, p. 127.

Mis à jour le 05/04/2004.

http://syndromedebenjamin.free.fr/textes/travauxfac/memoiredesstom/chap5.htm#tm513


[tribune]
La violence de l’État français envers les personnes LGBT et ses conséquences : insultes, discriminations dans la vie quotidienne, agressions physiques, meurtres… Sans oublier les suicides d’ados !

Et pour les personnes transgenres ?
La stérilisation comme condition du changement d’identité !

 Le maintien à tout prix de la vision discriminante de la cellule familiale – qui se doit d’être composée uniquement d’un homme de sexe mâle et d’une femme de sexe femelle – a pour conséquences violences, discriminations, suicides et malheureusement morts d’autres êtres humains ayant une orientation sexuelle, une identité de genre différente…

 

Cette violence de l’État français consiste à refuser le mariage républicain pour les personnes homosexuelles et à obliger les personnes trans-identitaires à divorcer pour obtenir leur changement d’état-civil. L’État rejette aussi tout projet de famille fondé sur l’amour et la parentalité, à une partie de la population à cause de son orientation sexuelle ! Le projet de loi de la députée Nadine Morano, qui donnait des droits parentaux sans distinction d’orientation sexuelle aux beaux-parents demandeurs, a provoqué une levée de boucliers dans la majorité actuelle ! Vous vous rendez compte ? Un début de reconnaissance de l’homoparentalité en France ! Pour ces élus (de plus en plus coupés) du peuple, c’est une hérésie que l’égalité face à un projet familial…

On remarquera aussi que les défenseurs de l’homoparentalité n’étaient pas vraiment au mieux de leur forme pour défendre des valeurs reposant sur l’égalité des droits pour toutes et tous. Il y avait là un certain manque d’ardeur, voire de conviction face aux tenants de la discrimination.

La violence de l’État français s’exprime aussi au travers du Ministère de la Santé et de sa ministre Roselyne Bachelot – qui a refusé à Trans Aide l’entrevue que nous lui demandions pour discuter des nouvelles dispositions préconisées par la HAS au Ministère de la Santé, totalement contraires aux droits humains : centre de tri, stérilisation chimique puis chirurgicale (condition pour obtenir en France une modification de son état civil !).

 

En réponse à une question écrite du député de Nancy, la Ministre de la Justice, madame Rachida Dati, a réagit par une fin de non-recevoir, citant exclusivement les transsexuels, dont elle estime le traitement satisfaisant ; elle n’évoque ni la question ni même le terme transgenre ! Le Tribunal de Grande Instance de Nancy, lors d’un récent jugement, a d’ailleurs rejeté la demande de changement d’identité d’une personne transgenre, essentiellement parce qu’elle avait refusé de fournir la preuve de sa stérilisation… Les attendus, sur lesquels nous reviendrons ultérieurement, soulignent clairement que, sans cette preuve, une personne transgenre pourrait procréer… On voit bien que c’est la parentalité qui est au cœur de la répression d’État contre les Trans.

En France, la HAS – Haute Autorité de Santé – appelle donc à une répression accrue et verrouille donc la liberté de vivre son identité de genre en émettant un rapport dont les conclusions sont un recul effarant sur une situation déjà scandaleuse. Aujourd’hui, on tente de psychiatriser les plus faibles, et on stérilise les « anormaux » ! En ne nous accordant pas le droit au changement d’état-civil dans des conditions respectueuses des droits humains, l’État français fait tout pour nous détruire.

Pas stérilisé(e) ? pas de papiers ! Voilà la position de l’Etat français !

Pour les quelques groupes Trans qui voulaient encore croire à la possibilité d’apitoyer nos dirigeants, le message est clair : si vous voulez vivre, battez-vous ! Ces gens-là ne nous donneront pas spontanément cette égalité car ils préfèrent fermer les yeux sur les violences, les discriminations et les morts engendrées par leur politique du « bien pensant mâle hétérosexuel dominant », supposé être la seule « bonne voie ». Pas besoin de « guide » de la pensée pour imposer leur « loi naturelle » reposant sur le seul modèle de cellule familiale où l’amour n’a pas sa place : un mâle dominant sa femelle soumise ! C’est le fondement de la vision hétéro-patriarcale et sectaire de la famille… Notre vision à nous est authentiquement républicaine : l’égalité des droits pour toutes et tous !
Mais combien de morts, de tentatives de suicide, d’actes de violence et discrimination au quotidien faudra-t-il encore pour obtenir l’égalité des droits ?La communauté LGBT (Lesbienne Gai Bi Trans) assiste bel et bien à un raidissement de l’État français, à une stigmatisation et à une répression accrues envers les personnes transgenres. L’égalité républicaine n’est réservée, dans les faits, qu’aux citoyens définis comme mâles et hétérosexuels… Blancs de préférence ! Bref, une communauté d’autant plus minoritaire que, dans ses rangs, surtout chez les jeunes hétérosexuels, beaucoup rejoignent désormais notre combat contre les violences sexistes, l’homophobie, la lesbophobie, la biphobie et la transphobie.

 

Face à la politique discriminatoire de l’État français, mobilisons-nous pour en finir avec une situation indigne d’une République digne de ce nom.
Nous exigeons l’arrêt immédiat de l’odieux chantage :
stérilisation contre modification d’état civil !
Nous exigeons l’accès à la parentalité et au mariage républicain pour tous et toutes !

Pour Trans Aide
Association nationale transgenre

La secrétaire nationale,
Delphine Ravisé-Giard
secretariat@trans-aide.com

source : Trans Aide - www.trans-aide.com

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