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Publié par caphi

Près de 400 personnes à la marche des transsexuels dans la capitale

Die-in à la 12e édition de "Existrans", place de la République (Paris), samedi 11 octobre 2008 - photo caphi


Près de 400 personnes, selon les organisateurs, ont participé samedi à Paris à la 12e édition de "Existrans", la marche des personnes transsexuelles et transgenres, afin de défendre les droits de ces "minorités parmi les minorités".
"Nous sommes une minorité parmi les minorités, il est donc important de se mobiliser car, même si les choses évoluent peu à peu, on est encore loin d'être reconnus, et tout ça passe par l'éducation des gens", a expliqué à l'AFP Caphi, 50 ans.
Le cortège de manifestants a quitté le métro Belleville (XIXe arrondissement) peu après 14H30 en direction de Beaubourg (IVe), derrière une banderole noire sur laquelle on pouvait lire : "trans'intersexes, des droits, des lois qui respectent nos choix"... A lire en entier sur le site du Monde du Figaro.



Au coeur de l'Existrans 2008, douzième marche des trans et intersexes
«Des droits! Des lois qui respectent nos choix!» «C'est pas au psy de me dire qui je suis!» «Trans exclus, le mauvais genre est dans la rue!» (source : TETU.com, 13-10-2008)


Les rues de Paris, entre Belleville et Beaubourg, résonnent des slogans-coups de gueule de la douzième Existrans, la marche des trans et des intersexes, ce samedi 11 octobre. Comme chaque année, les associations LGBT (dont SOS homophobie, Existrans, l'association Transgenre, Les Panthères roses, et aussi des représentants de la LCR et du PCF) se sont donné rendez-vous dans la rue pour rappeler les difficultés que rencontrent les transsexuels au quotidien.

Sifflets, trompettes, mégaphones, les jeunes trans donnent de la voix, en tête de cortège (photo). Venues en masse, les nouvelles générations mettent le paquet pour être vues et entendues. Vêtus en pom-pom-girl rose fluo, en ouvrier années 30 avec béret et bretelles, s'enlaçant librement sur la place de la République, ils attirent l'œil des passants, parfois surpris ou choqués, souvent amusés. Derrière, parmi les anciens, quelques divas, perchées sur leurs talons, le visage grimé, assurent le spectacle devant des Parisiens bouche bée. «C'est bien que les gens sachent qu'on existe, se réjouit réjouit Hugues, un des manifestants. On vient aussi pour leur montrer qui on est et quels sont nos problèmes. C'est une bonne manière de se sentir un peu moins exclus.»

Sous ses allures de rassemblement festif et coloré, les 500 manifestants sont porteurs d'un message plutôt lourd. «La France est très en retard concernant la condition des trans, explique à Têtu July, une organisatrice de la manifestation, membre de l'association Résistrans. Ces dernières années, rien n'a été fait pour nous. Il est toujours aussi difficile de se faire faire des papiers qui prennent en compte notre nouvelle identité sexuelle, il est toujours très compliqué d'accéder à la chirurgie, mais aussi d'être considérés comme des gens normaux.»

Chômage et sida figurent en première place des préoccupations pointées par les manifestants. «Nous souffrons toujours de très importantes discriminations sur le marché du travail», se lamente July. Les problèmes que rencontrent les transsexuels à l'embauche engendrent trop souvent un terrible cercle vicieux. «Sans emploi, beaucoup d'entre eux tombent dans la précarité, et certains, pour tenter de s'en sortir, finissent par se prostituer, avec les pratiques sexuelles à risque que cela suppose», déplore Christophe, venu défiler par solidarité. S'il n'existe aucun chiffre officiel les concernant, le pourcentage de transsexuels malades du sida serait trois fois plus élevé que pour le reste de la population. Au cœur du cortège, les militants d'Act Up-Paris ont brandi de larges banderoles noires aux slogans accusateurs: «Sida: Trans oubliés, trans assassinés!» «Il faut absolument que l'État fasse de la prévention en direction des transsexuels, nous explique Stéphane Deumier, d'Act Up-Paris. Le nombre de contaminations est très important parmi eux.»

Des organisateurs aux simples sympathisants, le mot «vexations» était sur toutes les lèvres. Les transsexuels se disent outragés par le parcours du combattant qu'il leur faut traverser pour faire reconnaître officiellement leur nouvelle identité sexuelle. «Lorsqu'on a changé de sexe, on peut changer de papiers, explique Hélène. En théorie, notre nouveau genre peut apparaître sur l'état civil. Mais en réalité, c'est très compliqué, et très contraignant. On est encore obligé de passer par une expertise payante, qui coûte très cher.» Enfin, les trans de la manifestation de samedi ont fustigé les lenteurs et la complexité des démarches pour pouvoir accéder à la chirurgie sans se ruiner. «Le changement de sexe peut être pris en charge par la Sécurité sociale, mais ça nécessite une procédure très lourde, dans laquelle les psychiatres ont le pouvoir, s'offusque Nico, en tête de cortège. Ce sont eux qui décrètent si, oui ou non, notre démarche de changement de sexe est justifiée. C'est inadmissible. Nous seuls devrions pouvoir en décider».


 

Transexuels et intersexes en marche pour l’égalité et le respect

par  Claire Berthelemy, osezledire.net, 13 octobre 2008

14h30, place de Belleville, samedi 11 octobre, quelques centaines de personnes attendent le départ d’une marche méconnue. Il s’agit de la 12e édition de l’Existrans.

L
e petit cortège, dont les délégations officielles comme la LCR, le PCF et Act’ Up pour ne citer qu’elles, démarre dans une ambiance qui se veut calme et bon enfant. Ils ne sont pas là pour « se montrer » comme certains passants l’ont affirmé. Une psychologue à la retraite s’approche et s’interroge. Après explications, elle dira qu’elle comprend leur besoin d’expression et surtout de reconnaissance : « vous comprenez, défiler c’est exister aux yeux d’une société qui les mets à l’écart ». Elle ne voudrait pas que ses propres enfants soient transexuels, mais néanmoins, elle sait que ces problèmes identitaires « ont des répercussions parfois, souvent graves sur leur développement psychique, personnel ou encore professionnel ».

Il est vrai qu’il peut découler de ce souhait d’être physiquement en accord avec leur psychologie des problèmes qui ne permettent guère aux transexuels de s’épanouir dans une société qui prône la « normalité ».

La marche se poursuit, les slogans fusent. Plus loin trois hommes regardent les manifestants défiler, pas au fait de ce qui se trame, ni des revendications de la marche. Pourtant, les pancartes sont explicites. On peut y lire que « La transphobie à l’école mérite des heures de colle » ou encore que « Pour les Trans, pas d’intégration sans information ni éducation ». Une fois les pancartes lues, ils avouent ne pas se sentir offensés ni choqués : « Nous, on est homos, alors le manque de tolérance, on connait ! Faut respecter les différences et les choix de chacun, après tout qu’ils se sentent mieux dans leur peau une fois changé de sexe, qui ça dérange ? ». Deux des trois hommes s’éloignent et celui qui reste se dit qu’il est « un peu gêné tout de même, c’est pas pareil que les homos, ils font des opérations quand même ».

Dans la manifestation, un jeune homme et une bande de copains arborant des tee-shirt « I got a Shot » (« j’ai eu une injection ») sont prolixes et décident de se confier un peu. L’un d’entre eux, encore au lycée, explique qu’il préfère témoigner anonymement, parce qu’il n’a pas envie d’être « mal vu ». Majeur, il est né fille mais « a interdit ses parents de le déguiser en fille ». Se sentant garçon depuis très longtemps, il a été suivi pendant deux ans par un psychiatre, puis voyant que ça n’aboutissait pas, qu’il était toujours mal dans sa peau, il a commencé une hormonothérapie en janvier 2008 et a déjà subi une ablation de la poitrine en juin. « C’est la première opération avant de pouvoir justifier d’une autre identité sexuelle et demander à changer d’état civil. » La seconde est prévu pour décembre et il pourra commencer les procédures.

Pour cette marche, les revendications principales portaient sur la « dépsychiatrisation » de la « transidentité », ainsi qu’une sensibilisation à l’épidémie de Sida qui fait des ravages dans le milieu Trans. « Nous ne sommes pas des malades mentaux » dixit un marcheur d’Act’ Up. Les marcheurs plaidaient aussi pour le retrait de leur « identité » de la liste des maladie mentales, ou encore qu’ils soient répertoriés à la Halde.

Qu’importe l’avis des uns et des autres, samedi, ils et elles avaient tous décidé de marcher d’un même pas, celui basé sur le respect de l’être humain, quels que soient ses choix.

Photos tous droits réservés: Claire Berthelemy

source : Osezledire

http://www.osezledire.net/2008/10/13/transexuels-et-intersexes-en-marche-pour-legalite-et-le-respect/


Reportage vidéo envoyé par iSamAtman - Durée : 4:19
> VOIR aussi quelques images sensibles et justes de l'Existrans 2008 sur le blog d'un photographe de rue "libertarien" : "Only photos"

La 12e édition de l'EXISTRANS, marche parisienne des trans et des intersexes [1]

LES REVENDICATIONS

Mot d'ordre commun
« Ni hommes ni femmes, le binarisme nous rend malades »

I
l y a onze ans que nous marchons, et depuis onze ans rien n’a changé.
Certains pays (la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni, L’Espagne, la Hollande, le Népal) ont adapté leurs législations à la transidentité. Même si ces aménagements sont loin d’être parfaits, ils témoignent d’une volonté totalement absente en France. Les réponses de la France à la question trans sont l’immobilisme, les psys transphobes, le sensationnalisme des médias, le mépris. Dans notre communauté, la majorité fait face, bénéficie d’une vie professionnelle. Mais pour les autres, pour trop d’autres, c’est la précarité et le non-emploi, un taux de VIH qui double celui des gays, le travail sexuel non choisi, les violences subies rarement prises en compte par la justice... D’un point de vue médical, légal ou éducatif, tout reste à faire.

La médecine
Que ce soit le chirurgien qui opère un bébé né intersexué ou le psychiatre qui s'attribue le droit de dire si une personne est trans ou pas, le pouvoir médical nie trop souvent la parole et les droits des trans et intersexes.
Seul un rapport de confiance entre le médecin-psy et les personnes concernées, qui allie information médicale donnée et prise en compte des contraintes, peut permettre d'améliorer les choses. Nous demandons le retrait du transsexualisme des manuels de psychiatrie et que le recours à un psychiatre, dans le cadre d'une transition, ne soit plus obligatoire. La personne trans, comme tout autre personne, doit avoir la liberté de consulter ou non un psychiatre .
Prochainement la Haute autorité de santé (HAS) doit soumettre un projet au sujet de la prise en charge des trans au ministère de la santé. Sans avoir réalisé d'études épidémiologiques et statistiques sur les traitements hormonaux prescrits aux trans et intersexe, ou sur les interactions des antirétroviraux avec d'autres pathologies, il est difficile d'imaginer un projet sérieux et réfléchi. D'autant que le point central de ce projet prévoit des centres experts dont le fonctionnement ressemble fortement à celui des équipes actuelles. Si expertise il y a, elle n'est certainement pas entre les mains de quelques soi-disant spécialistes mais bien entre les mains des personnes trans et intersexe elles-mêmes, et l'usagerE doit avoir le mot final sur l'hormonothérapie et les opérations.

Les lois
Faire correspondre son identité sur les différents papiers administratifs reste une priorité dès lors qu’on souhaite avoir une activité professionnelle. Des évolutions doivent être mises en place : la mention de genre devrait pouvoir être changée, conservée ou supprimée à la demande des personnes. Idem pour le numéro INSEE (Sécu) dont le 1er chiffre devrait pouvoir être modifié ou supprimé. La modification de l’état-civil via une procédure administrative doit être simplifiée, sans recours à des expertises extérieures et sans contraintes de délais ou de modifications corporelles spécifiques. Ces évolutions administratives ne pourront se faire que si les discriminations à l’égard des trans et des intersexes sont reconnues et combattues :
-  maintien des droits parentaux pour les trans déjà parents,
-  arrêt des répressions à l’encontre des travailleuses et travailleurs du sexe par l’octroi de statuts et de droits ;
-  mise en place de dispositifs d’insertion socio-professionnelle ;
-  prise en compte de la spécificité trans et intersexe et des risques que ces personnes encourent dans les espaces non-mixtes : milieu carcéral, piscines, logements étudiants, etc.
-  intégration de la discrimination liée à l’intersexualité et la transidentié dans les critères d’asile politique, tout comme dans les divers textes de lois destinés à prévenir les discriminations (code du travail, HALDE, loi sur la presse, etc.)

L’Éducation

 

Chaque individu construit son genre qui doit lui être personnel, malgré les normes que nous impose la société. Nous demandons la formation, en partenariat avec des associations trans, de tous les personnels médicaux, administratifs et pédagogiques aux problématiques trans et intersexes. Parce que les trans et les intersexes sont confrontés avant tout à l’incompréhension de la société à laquelle ils appartiennent, parce qu’ils sont, dans de trop nombreux cas, en échec scolaire, parce que les violences urbaines naissent de l’ignorance, nous demandons que la transsexualité soit abordée, de la même manière que l’homosexualité, dans le cadre des cours d’éducation sexuelle.

Notre colère est à la mesure des discriminations dont nous souffrons.


RESISTRANS - ASB - Act Up-Paris - MAG

Des manifestations similaires auront lieu à Bruxelles, Madrid, Lisbonne, Corunha, Donosti, Bilbao, Gasteiz, Saragosse.

Notes
[1] Trans : personne (opérée ou non) vivant socialement dans un genre autre que son genre biologique. Intersexe : personne au genre biologique indéterminé à la naissance.

Source : Act up - transmis par hns-info.net

Le site : www.existrans.org -  Existrans (Wikipédia)

En savoir plus sur [La demande des Trans'] Classification - Psychiatrisation - Dépsychiatrisation, c'est quoi ?

> LIRE AUSSI >
l'Existrans, la marche annuelle des Trans - les revendications 2007 (1er octobre 2007) L'Existrans 2007 - photo caphi >
. [la lettre des différences] La résis-trans (mercredi 3 octobre 2007)


[communiqués, revue de presse, réactions]

Dépêche AFP, 10 octobre 2008
Marche samedi à Paris des transsexuels contre "l'immobilisme" des pouvoirs publics


PARIS, 10 oct 2008 (AFP) - La 12e édition de "Existrans", la marche des personnes transsexuelles et transgenres, se tiendra samedi à Paris pour dénoncer "l’immobilisme" des pouvoirs publics sur leurs revendications.

"Nous espérons plus de 500 personnes" transsexuelles ou simplement solidaires, a déclaré à l’AFP July, porte-parole de l’association Resistrans qui organise cette manifestation. Le parcours débutera à 14H00 au métro Belleville (19e arrondissement) pour s’achever à Beaubourg (4e). "Il y a onze ans que nous marchons et depuis onze ans rien n’a changé", regrettent les organisateurs dans un communiqué. "Les réponses de la France à la question trans sont l’immobilisme, les psys transphobes, le sensationnalisme des médias, le mépris", ajoutent-ils. Les personnes trans demandent notamment le retrait de leur identité de la liste des maladies mentales (comme ce fut le cas pour l’homosexualité en 1992), en sortant des classifications de l’Organisation mondiale de la Santé. En France, le suivi psychiatrique est obligatoire pour entrer dans le processus de "transition" d’un sexe vers l’autre, d’abord pour commencer une prise d’hormones puis pour décider d’une opération chirurgicale. Choisir son médecin et bénéficier d’une bonne prise en charge par la sécurité sociale des traitements hormonaux et chirurgicaux font également partie de leurs revendications. Les transsexuels demandent aussi une simplification des procédures de changement d’état civil qui nécessitent actuellement des expertises médicales pour constater les modifications corporelles, à la charge du requérant et souvent vécues comme des humiliations. La question éducative sera mise en avant cette année, dans la lignée de la Marche de Fiertés homosexuelles de juin. "Nous accueillons des jeunes qui sont soit au lycée, soit étudiants ou qui sortent tout juste du parcours éducatif : nous sommes en prise directe avec ce milieu qui peut être hostile et qui souvent inculque une norme", explique à l’AFP Alice Guéna, présidente du MAG (jeunes gays, lesbiennes et trans). "Cette norme binaire n’arrange ni les hommes, ni les femmes, même hétéros", a-t-elle fait valoir, plaidant pour "la formation des personnels médicaux, administratifs et pédagogiques aux problématiques trans".

source : AFP transmis par France Info, 10/10/2008

 

Sexualité

"Je suis trans et bien dans ma peau, mais"


par
Amélie GAUTIER, LCI, 11/10/2008
Il est né avec des chromosomes XX mais vit en homme dans la vie de tous les jours. R., 28 ans est un "trans". "Fier de l'être et bien dans sa peau", précise-t-il. Bien loin des images sensationnalistes véhiculées dans les médias où le terme est, selon lui, trop souvent associé à la prostitution, au porno, au mal-être ou à telle personnalité du show bizz exubérante.
 
R. est enseignant en banlieue parisienne. Petit, il ne s'est jamais senti ni garçon, ni fille. A l'adolescence, profondément féministe, il joue sur les deux tableaux "pour provoquer des réactions", "pour sortir des clichés du rose ou du bleu", s'habillant super sexy et assumant les tâches traditionnellement dévolues au "sexe fort" telles porter les choses lourdes. Et puis, R. entend parler des "trans".
 
Il a suivi un traitement hormonal mais ne s'est pas fait opérer. Aujourd'hui, il se considère comme masculin, c'est un trans "F to M", comprendre femme devenue homme. Physiquement, et dans la tête. Même si ses papiers d'identité disent le contraire. Pour la République, R. est toujours une femme. "Si je suis contrôlé, je me retrouve face à de gros problèmes", explique-t-il. Les exemples affluent. Dernier en date : prouver que le chèque de caution qu'il signait pour le bail de sa location n'avait pas été volé. "J'ai dû expliquer au propriétaire quelle était ma situation. Il a été relativement compréhensif mais a quand même appelé ma mère une heure durant pour lui demander qui j'étais...", raconte-t-il.
 
Sur la liste des maladies mentales
 
Pourquoi ne pas changer d'identité ? "Parce que c'est cher,c'est long et qu'on doit passer devant une cohorte d'experts médicaux qui devront vérifier les modifications corporelles et si on colle à l'image qu'ils se font d'un trans". Des procédures vécues comme des humiliations.
 
Première étape dans le processus de "transition" d'un sexe vers l'autre : aller consulter un psy : pour commencer une prise d'hormones, pour décider d'une opération chirurgicale. "Nous voudrions que le passage par le psy ne soit plus une étape obligée pour entamer notre parcours", revendique R. C'est comme si une femme qui souhaite avoir un enfant devait consulter un psy pendant des années avant d'avoir le droit de tomber enceinte !", compare-t-il. Et de rappeler que la transexualité est sur la liste des maladies mentales, comme c'était le cas pour l'homosexualité en 1992.
 
Dans son discours, revient toujours ce droit à la diversité. Sous-jacent, omniprésent. "De la même façon que les blancs ont décidé de la vie des noirs, lors de l'apartheid notamment, les bios (les hétéros, NDLR.) décident aujourd'hui de la vie des trans", déplore-t-il. R. trans ne veut pas être intégré dans la société. Il est déjà "dans la société".

Les revendications des transexuels

Près de 400 personnes, selon les organisateurs, ont participé à cette 12e édition de "Existrans", la marche des personnes transsexuelles et transgenres, afin de défendre les droits de ces "minorités parmi les minorités". "Nous sommes une minorité parmi les minorités, il est donc important de se mobiliser car, même si les choses évoluent peu à peu, on est encore loin d'être reconnus, et tout ça passe par l'éducation des gens", a expliqué à l'AFP Caphi, 50 ans. Leurs principales revendications.

  • Le retrait de leur identité de la liste des maladies mentales
  • Choisir son médecin et bénéficier d'une bonne prise en charge par la sécurité sociale des traitements hormonaux et chirurgicaux.
  • Une simplification des procédures de changement d'état civil qui nécessitent actuellement des expertises médicales pour constater les modifications corporelles, à la charge du requérant


Communiqué de presse des Verts du 10 octobre 2008
Les Verts soutiennent l’égalité des droits pour les trans

Les Verts estiment que l’égalité et la liberté doivent être assurées pour tout le monde en France comme en Europe. Soutenir le combat des trans et des intersexes, c’est montrer quelle démocratie nous souhaitons. Une démocratie généreuse, une démocratie courageuse et fière de sa diversité.

Depuis dix ans que cette marche existe, rien n’a évolué. Le pouvoir médical discrétionnaire fait fi de leur parole et de leurs droits, quand il s’agit notamment d’être reconnu comme trans. La modification de mention de sexe dans l’état civil ou encore le changement de numéro de sécurité sociale tient au mieux du parcours du combattant, au pire s’avère impossible. Notre législation ne fait aucun cas du désir d’être ou de ne pas être femme ou homme, comme il ne fait rien pour faciliter la vie de celles et de ceux qui ne se reconnaissent pas dans leur sexe assigné socialement.

Exception française ? : La France refuse, à la différence d’autres pays européens comme la Hollande ou l’Espagne, de permettre à la trans-identité d’exister légalement. Plus généralement, les actions éducatives et répressives contre les discriminations et les inégalités sont trop anecdotiques pour être efficaces.

Cette absence de politique publique est en soi une violence qui s’applique durement à tous les trans et les soumet à de nombreuses autres difficultés socio-économiques et juridiques : plus précaires socialement, victimes d’un taux de chômage largement supérieur à la moyenne , plus touchés par le VIH, plus victimes de violences sexuelles comme policières et trop souvent hors droit social et juridique faute de papiers en règle, les trans font partie des clandestins les plus discriminés en France et particulièrement en France.

Les Verts ont comme valeur essentielle le respect des libertés publique et la place de toutes les minorités, car ils savent que la pratique démocratique se mesure à l’aune de la capacité à faire une place à toutes et tous.

Les Verts soutiennent la marche des trans et intersexes EXISTRANS qui partira samedi 11 octobre 08 à 14h00 du métro Belleville. Ils appellent à participer à cette manifestation pour l’égalité des droits. Seront notamment présents pour les représenter Anne Souyris, porte-parole des Verts, Dan Lert secrétaire des Verts-Paris...

Anne Souyris, Porte-parole

source : http://conseildeparis.lesverts.fr


communiqué d'Homosexualités et Socialisme (HES)
Marche des trans et inter-sexes : pour des droits et des lois qui respectent leur choix !
La 12e marche des trans et inter-sexes, Existrans, se déroulera le 11 octobre 2008 à Paris, de Belleville à Beaubourg. Homosexualités et Socialisme (HES) y participera pour marquer sa solidarité dans les luttes que mènent les personnes trans et inter-sexes contre les discriminations subies, leur psychiatrisation persistante, l'arbitraire dans leur parcours médical de transition.
Un an et demi après l'élection de Nicolas Sarkozy, rien n'a avancé en réponse aux luttes et aux revendications sur les questions d'identité de genre. La France reste l'un des pays les plus immobiles en Europe. L'Angleterre, les Pays-Bas et l'Espagne ont adapté leurs législations.
HES dénonce la classification du transsexualisme, encore enregistré comme une maladie mentale, et le caractère obligatoire d'un parcours médical contraint, dans lequel la décision d'un psychiatre prime sur celle de la personne trans.
HES revendique un assouplissement et un raccourcissement des démarches de modification de l'état civil, qui doivent pouvoir être menées sans modifications corporelles spécifiques.
HES souligne l'importance des actions de formation et de sensibilisation aux problématiques trans et inter-sexes pour tous les personnels médicaux, administratifs et pédagogiques.
HES affirme le droit des personnes trans à la parentalité. La sécurité des liens parentaux doit leur être assurée. Le droit à faire valoir un projet parental pour l'adoption doit leur être reconnu. La conservation de leur matériel génétique doit leur être permise.
Sur ce sujet comme sur tous les sujets LGBT, HES s'appuie sur les principes d'universalité, de responsabilité et de dialogue qui gouvernent sa réflexion. Les trans n'ont pas aujourd'hui tou-te-s les mêmes chances de se réaliser et d'échapper à la précarité. Le droit français doit prendre en compte le motif de l'identité de genre comme celui de l'orientation sexuelle pour lutter contre les discriminations. Il s'agit d'adapter le droit à la réalité vécue des trans et des inter-sexes. Il s'agit de répondre aux attentes de tous les acteurs qui luttent pour l'égalité et contre les discriminations, y compris celles qui sont fondées sur l'identité de genre.
*** Contacts : Gilles BON-MAURY, président d'HES, tél. 06 61 53 19 39, gilles.bon-maury@hes-france.org.
Laura LEPRINCE, déléguée aux questions de genre, tél. 06 85 88 58 11, laura.leprince@hes-france.org - www.hes-france.org

Témoignage
“Y’en a assez! assez! assez d’cette société! qui ne respecte pas les trans, les gouines et les pédés!”

Extraits d'une page du blog "Le Loup des Steppes" d'un Trans' FtM (female to male)

 photo caphi

(...) Pas besoin de beaucoup de mots pour dire que : ce week-end de l’Existrans a vraiment été génial ! Moi être très content.

La manif en elle-même : Vraiment cool de voir tous mes potes et de rencontrer d’autres ftm (du forum ou d’ailleurs), queer, mtf, butch, etc. Plein de rencontres, de discussions, et de slogans. Je me suis aussi baladé dans Paris torse nu ce qui a été assez jouissif dans son genre (merci Al. de m’avoir motiv).

Quant aux regards des passants, hum, les gens avaient leurs mâchoires décrochées et nous regardaient avec des yeux de merlans fris. J’étais totalement dans la marche et bien entouré donc je n’ai pas fait tellement attention aux commentaires transphobes ou aux regards méprisants, je préfère retenir l’étonnement total de tous ces gens. C’était même assez amusant de voir leurs regards perplexes et leur incompréhension. Et puis surtout cela montre à quel point cette marche est nécessaire !
À ce propos j’ai adoré le moment de l’arrivée devant Beaubourg où il y avait des free huggers très content de pouvoir nous prendre dans leur bras !

(...)

Bref, tout ça était vraiment très cool.

MAIS.

Oui, il y a un mais. En ce week-end d’Existrans, de lutte contre la transphobie, l’un des notre a été tabassé par des connards de transphobes qui méritent la taule. Après avoir cuisiné avec nous il devait aller à Gare du nord puis revenir à la queer food, mais il est tombé sur des monstres transphobes. 22 points de sutures et 2 côtes cassées parce qu’on est trans, ça me mets vraiment hors de moi. Je suis très énervé et je voulais en parler pour rappeler que tout n’est pas fun, rose ou génial.

Du père qui répond à sa fille de 7 ans qu’on est des malades mentaux au groupe de mecs qui veut casser du trans, la transphobie est partout et on a pas fini de lutter contre…

Alors, je sais que la colère ne sert à rien et je n’ai pas envie de m’abaisser à leur niveau. Je dirai même qu’au contraire, cette triste histoire me donne envie de militer encore plus, et me ravis encore plus de travailler sur la brochure en préparation avec le MAG (on en reparlera), de faire un peu de pédago au près de jeunes ou autres, d’avancer sur mes différents projets artistiques, etc.

Etre visible. Quoi qu’il arrive. Parce que se cacher serait leur donner ce qu’ils veulent. Et je refuse de leur faire ce plaisir là.

http://www.transcine.net/perso/blog/wordpress/ octobre 13th, 2008

Eviter les clichés
Réactions de Stéphanie Nicot  (porte-parole de Trans Aide) sur le site du journal 
Le Figaro (suite à la dépêche de l'A.F.P. reprise en version courte sur le site du dît-journal) :
" Ce qui devrait toucher les lecteurs du Figaro ;-)
"

Madame, Monsieur,

Lecteurs du Figaro, vous semblez avoir à coeur de vous conformer à l'image -caricaturale, j'en suis sûre ! - qu'on fait de vous dans certains milieux, une image conservatrice, intolérante, sectaire, rétrograde. Je suis certaine que vous valez mieux, comme nous, que des clichés ;-)

Vous êtes des libéraux. Donc favorables à la liberté, non ? La liberté de vivre comme on veut, sans privilèges mais sans discriminations par exemple... C'est seulement ce que réclament les personnes transgenres : la possibilité, par respect de la vie privée, de changer notre identité (prénom, civilité, mention du sexe) sur nos papiers d'identité.

Savez-vous qu'à cause du refus de l'État français de changer mes papiers, je risque ma vie si je voyage dans les pays musulmans avec une apparence qui ne correspond plus en rien à mon apparence et à ma façon d'être ? Que cela désigne ma fille comme fille de Trans lorsqu'elle m'accompagne hors de France ? Que votre avion, lorsque nous partons à bord du même 747 pour passer nos vacances en Thaïlande, pourrait être retardé le temps qu'on comprenne pourquoi une femme se présente avec des papiers d'homme ? Que vous pourriez avoir un enfant Trans qui mettre fin à ses jours parce que de tels propos, vous les tenez dans votre salon, devant elle qui croyez-vous encore est un garçon ?

Et si vous n'êtes pas touchés par cette évocation, peut-être le serez-vous d'apprendre que l'État français paie des RMI, des RSA, des COTOREP, des salaires à 100% pour « maladie » à des gens parfaitement efficaces que rien ne permet de licencier (vivre comme on veut n'est pas un délit dans un pays libre et nous ne sommes pas en ex-Union soviétique, ici !) pour un décalage de papiers créé par l'État ?

Aujourd'hui, on préfère gaver d'aides sociales des gens qui ne demandent pas un centime à l'État mais juste (gratuit !) le mot F au lieu de M (ou l'inverse), un changement de prénom et madame au lieu de monsieur ? Mais non, nos politiques préfèrent les aides sociales à une modification libre et rapide de nos papiers... Avec vos impôts (comme moi, vous en payez beaucoup ? non ?).

Par humanité (je pense surtout aux jeunes ou aux personnes Trans socialement défavorisées) ou par intérêt (plutôt changer nos papiers que de faire de l'assistanat !), ne devriez-vous pas nous appuyer pour faire aboutir cette revendication simple qui fera faire des économies au budget de l'État et faciliterait la vie de vos concitoyen(ne)s ?

Et évitez les clichés : mes amies Trans sont malgré tout souvent très bien insérées : ouvrières, infirmières, enseignantes, militaires de carrière ou chef d'entreprise...

Je concluerai en saluant un ami (en tout bien, tout honneur), journaliste au Figaro, dont l'ouverture d'esprit m'a permis de corriger ma vision caricaturale des lecteurs de ce très respectable quotidien. ..

Bien cordialement

Stéphanie Nicot (porte-parole de Trans Aide)
 
source : Le Figaro, 12/10/2008

[ailleurs] Belgique : Transsexuels contre la tutelle psychiatrique

Santé Action à Bruxelles et mise en cause de la nouvelle loi du 10 mai 2007 « Ni hommes ni femmes : le binarisme nous rend malades ! ». Ce samedi, une petite centaine de défenseurs de la cause transsexuelle ont manifesté dans les rues de Bruxelles. Cette action, organisée conjointement dans neuf villes européennes, visait à dénoncer « la psychiatrisation des transidentités ».

Et, en effet, à ce jour, la transsexualité est toujours considérée comme un « trouble de l’identité sexuelle ». Tant l’Organisation mondiale de la santé que l’Association américaine de psychiatrie classent ce dernier dans le registre des pathologies mentales.

En Belgique, une nouvelle loi est en vigueur depuis le 10 mai 2007. Toute personne qui désire changer de sexe fait l’objet d’un suivi médical et psychiatrique très strict.

Pour une partie de la communauté trans, il s’agit d’une véritable « tutelle » : « L’Etat ne devrait disposer d’aucune compétence s’agissant de nos prénoms, de nos corps et de nos identités. » Elle dénonce les « lourdeurs bureaucratiques » et réclame que les autorités belges compétentes en matière de santé « se positionnent contre la notion de trouble d’identité sexuelle ».

Changer de sexe est également source de précarité sociale, de discrimination sur le marché du travail, d’exclusion… « Notamment pour les personnes qui vont vers une féminisation, la marginalisation est très forte », dénoncent les associations (Genres pluriels, Les Panthères roses, Maison arc-en-ciel…), qui mènent un combat pour plus d’égalité et de dignité.

Avec une revendication spécifique, à l’échelle européenne celle-là : faire en sorte que les Etats membres accordent le droit d’asile aux « trans’ migrants », persécutés dans leur pays d’origine. Et puis, il y a le vécu des transsexuels au quotidien. « Nous clamons haut et fort que nous ne sommes pas victimes, mais maître(sse)s de notre propre identité, mais nous voulons rappeler toutes les agressions, les assassinats et aussi les suicides de personnes trans’ causées par la transphobie », insistent les intéressés.

Un cahier de revendications a été envoyé aux autorités publiques. Les trans’ réclament le retrait de l’expression « trouble de l’identité sexuelle » des manuels internationaux de diagnostic et de la mention du sexe dans les documents officiels. Et souhaitent un accès libre aux traitements hormonaux et à la chirurgie, ainsi que des actions ciblées de prévention à la transphobie.

Liens sur le site du journal « Le Soir » (Belgique)

Transmis par Genres Pluriels asbl (Belgique) le lundi 13 octobre 2008

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Sam 17/10/2008 01:18

Petite vidéo de la marche ici : http://www.youtube.com/watch?v=IFRWpC0Na70 ;) 

caphi 17/10/2008 11:00


Merci Sam !

Caphi