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Publié par caphi

REPORTAGE. La Thaïlande est longtemps apparue comme le paradis pour les trans désirant se faire opérer. Mais un durcissement de la loi va compliquer le processus.
source : Têtu, jeudi 26 novembre 2009

 

L'opération ne va durer que deux heures, sous anesthésie locale et va permettre à cet homme de 27 ans de réaliser le rêve de sa vie: devenir une femme. Simple en apparence, le changement de sexe va cependant devenir plus compliqué en Thaïlande avec un durcissement des lois.

Pour 2.000 dollars et après une intervention très rapide, Punlop Tongchai, danseur de cabaret, a donc perdu ses attributs masculins. Comme lui, dans un pays où les pratiques sexuelles sont libérées de la plupart des barrières morales qui pèsent en Occident, ils sont nombreux à avoir recours à la chirurgie, pour mettre leur corps en harmonie avec leur apparence.

Deux accords de psys nécessaires
Mais à compter de la semaine prochaine, les candidats transsexuels devront respecter plusieurs obligations avant de pouvoir subir l'opération, afin de montrer qu'ils y sont psychologiquement prêts. Ils devront ainsi prouver qu'ils ont vécu comme une femme depuis au moins un an, recevoir un traitement hormonal et obtenir l'approbation de deux psychiatres.

«Ce n'est vraiment pas nécessaire. Je ne voulais pas devoir subir tout cela, j'ai donc décidé de me faire opérer... avant que la loi ne s'applique», témoigne Tunlop.

Un militant favorable au changement
Le changement de sexe est interdit en Thaïlande avant l'âge de 18 ans, et pour les 18-20 ans, un accord parental est nécessaire. La nouvelle législation, selon Nathee Teerarojanapong, défenseur des droits des homosexuels, était nécessaire afin d'éviter des changements de trop hâtifs. «Je reçois tellement d'appels de gens qui regrettent d'avoir changé de sexe. Ils estiment avoir commis une énorme erreur et veulent revenir en arrière, mais c'est impossible», explique-t-il.

En plus des conséquences psychologiques et de la récupération en phase post-opératoire, le changement de sexe s'accompagne souvent d'effets secondaires liés à la prise d'hormones, tels que des bouffées de chaleur, une prise de poids et une perte musculaire et de la libido.

Obstacles inutiles
Pour l'opération, Punlop a consulté Thep Vedusit, un chirurgien qui considère lui que la nouvelle législation ne fait que créer d'inutiles obstacles.

M. Thep, qui propose une opération rapide et sous anesthésie locale, affirme avoir pratiqué 500 opérations et reçoit deux ou trois patients par semaine, la moitié d'entre eux étant des étrangers. «Je pense qu'un chirurgien peut se faire une idée de qui est un transsexuel… Chacun d'eux souhaite depuis longtemps avoir recours à la chirurgie et je ne pense pas qu'un psychiatre puisse leur apporter un plus», estime le chirurgien.

«Je suis heureuse»
Il aura fallu moins de deux heures au spécialiste pour créer un vagin à Punlop, en utilisant les tissus de ses organes génitaux masculins. Le patient peut quitter l'établissement le jour même et devra effectuer des examens durant les quatre semaines suivantes.

«Cela n'est pas très douloureux, je supporte. Est-ce que je suis heureuse ? Oui», assure Punlop. «Toute ma vie j'ai souhaité ce changement. J'en rêve depuis que je suis enfant.»

Par Claire Truscott / AFP.

lien de l'article : www.tetu.com/actualites/international/changer-de-sexe-en-thalande-va-devenir-moins-facile-15998 

Extraits d'un interview du docteur Suporn* un des chirurgiens les plus réputés au monde pour les chirurgies de réassignation de sexe (SRS) homme vers femme par le Groupe d'Étude sur la Transidentité (GEsT) - Juillet 2009
"En Thaïlande maintenant, la société est plus ouverte et accepte. Les transgenres Thaï sont plus à l'aise, elles peuvent se montrer comme femmes chez elles, même devant leur mère ou leurs amis. Même si, à l'école, elles ne peuvent pas s'habiller en fille, ce n'est pas nécessaire pour les transgenres de se cacher. Certaines le doivent parce que leurs familles réagissent mal. La plupart des transgenres commencent à s'hormoner à la puberté, les hormones s'achètent en pharmacie. Les parents peuvent s'adresser à un psychiatre, mais ce sont les parents dont le psychiatre s'occupe, afin qu'ils aident leur enfant. Il arrive que des patientes veuillent dès la puberté bénéficier d'une SRS, alors les parents viennent ici pour me parler et je dois leur expliquer qu'ils doivent comprendre la démarche de leur enfant. Mais comme la société thaïlandaise est plus ouverte, les transgenres peuvent vivre en tant que femmes sans opération pendant longtemps et s'hormoner pendant cinq ans, voire huit ans. Elles testent ainsi elles-mêmes leur vie et le psychiatre ne fait qu'entériner. Ce n'est pas la même chose dans les pays occidentaux où elles doivent cacher leur trouble jusqu'à ce qu'il devienne intolérable, et qu'il faille alors aller voir un psychiatre. Celui-ci leur fait alors subir de longs tests et ce ne sont pas elles qui décident. Donc, c'est différent en Thaïlande où les transgenres commencent très jeunes une vie de femme et des hormones, sans pression."
* Le docteur Suporn Watanyusakul est un des chirurgiens les plus réputés au monde pour les chirurgies de réassignation de sexe (SRS) homme vers femme. De père chinois, il est né en 1967. Il a fait ses études médicales et chirurgicales en Thaïlande, à l'université de Chiangmai, à l'hôpital de Chonburi et à l'université Chulalonkgkorn à Bangkok. www.supornclinic.com
L'interview en entier : http://www.transidentite.fr/interviews.html

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