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Publié par caphi

 

Cintia Nicole Moreno, Jazmín Zelaya ainsi qu’une troisième personne, toutes trois femmes transgenres, ont été tuées au Honduras au cours des trois derniers mois. Une personne transgenre est un homme ou une femme qui ne se sent pas bien dans son corps. Un homme qui se sent femme et va alors adopter des comportements féminins et inversement pour une femme qui se sent homme. Ils traduisent cette identité à travers les vêtements ou la prise d’hormone par exemple.

par Nadège Van Mechelen, Roland D’Hoop, amnestyinternational.be,mardi 3 février 2009

Cintia Nicole MorenoUne militante transgenre agressée et trois autres femmes tuées à cause de leur orientation sexuelle
D
e plus, des policiers auraient battu une femme transgenre, par ailleurs militante pour la lutte contre le VIH/sida et travailleuse du sexe
, après qu’elle ait refusé de leur donner son argent. Ils auraient ensuite menacé de la tuer si elle parlait de cet événement. Sa vie est en danger.

Le 20 décembre 2008 dans le district de Palmira, à Tegucigalpa (capitale du Honduras), quatre agents dans une voiture de police se sont approchés d’une femme transgenre, qui a demandé à Amnesty International de ne pas mentionner son nom. Elle était en train d’exercer son métier de travailleuse du sexe. Les policiers ont essayé de la dépouiller, mais elle a commencé à résister ; ils l’ont alors saisie par les cheveux et lui ont frappé la tête à plusieurs reprises contre une fenêtre située à proximité jusqu’à briser la vitre. Elle a eu de nombreuses coupures au visage et aux genoux.

Les policiers ont alors déclaré qu’ils l’arrêtaient pour avoir brisé la vitre dans l’intention de pénétrer par effraction dans une propriété privée. Ils l’ont conduite au poste de police du secteur, puis dans un dispensaire du quartier afin qu’on soigne ses blessures. Comme elle saignait, elle a informé les agents de police qu’elle était séropositive et ceux-ci ont répondu : « Salope de sidéenne, les gens comme toi devraient être dans un lieu à part ». Sur le chemin, les policiers ont ajouté : « Si tu parles, on abandonnera ton cadavre en pleine campagne ». Elle a ensuite été ramenée au poste avant d’être libérée sans inculpation vers 11 h 30. Elle a récemment déposé plainte pour ces faits auprès du Bureau du procureur spécial chargé des droits humains au sein du ministère public.

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Les femmes transgenres exerçant comme travailleuses du sexe sont fréquemment agressées par des clients ou des policiers. Trois d’entre elles ont été tuées par des inconnus au cours des trois derniers mois pendant qu’elles travaillaient dans le secteur de Comayagüela, près de Palmira. Jazmín Zelaya a été tuée le 30 octobre 2008 ; son corps a été retrouvé au bord d’une route. Une autre femme transgenre a été tuée le 17 décembre 2008. Cintia Nicole Moreno, qui était également militante pour la promotion des droits humains des personnes transgenres, a été tuée le 9 janvier 2009. Personne n’a encore été traduit en justice pour ces homicides.


APPELS À :

Président de la République :

Sr. José Manuel Zelaya Rosales
Presidente de la República
Casa Presidencial, Boulevard Juan Pablo II,
Tegucigalpa,
Honduras
Fax : +504 239 3298
Formule d’appel : Estimado Sr. Presidente, / Monsieur le Président,

COPIES À :

Organisation locale de défense des droits des lesbiennes, des gays et des personnes bisexuelles et transgenres (LGBT) :

Red Lésbica Cattrachas
Colonia Miramontes, 5a calle, casa No. 2502
Calle Andalucía contiguo a Mercadito Miramontes
Tegucigalpa,
Honduras

Ambassade de la République du Honduras :

Avenue des Gaulois 3,
1040 Bruxelles
Fax : 02.735.26.26
E-mail : Ambassade.Honduras@chello.be



MODELE DE LETTRE

Monsieur le Président,

Je suis un jeune de Belgique.

Je vous écris en tant que membre d’Amnesty International. Je suis préoccupé par les cas d’injustices à l’égard des personnes transgenres notamment, par la sécurité de la militante des droits humains des personnes transgenres qui aurait été battue et menacée de mort par quatre policiers dans le district de Palmira, à Tegucigalpa, le 20 décembre. Je vous prie de faire en sorte que des mesures efficaces et appropriées soient prises immédiatement pour garantir la sécurité de cette femme, dans le plus strict respect de ses souhaits.

Je tiens à vous dire combien je suis choqué à l’idée que la violence à l’égard des personnes transgenres soit tolérée, ce qui est incompatible avec le droit international.

Je demande instamment au gouvernement du Honduras de tout faire pour mettre fin à cette injustice et d’ordonner qu’une enquête approfondie et impartiale soit menée dans les meilleurs délais sur ces faits et sur les autres cas de harcèlement, d’agressions violentes et d’homicides de personnes transgenres ainsi que de rendre publiques les conclusions de ces investigations et de traduire en justice les responsables présumés .

J’espère que vous tiendrez compte de ma demande et j’attends avec impatience de recevoir votre réponse.

Veuillez agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de mes salutations distinguées.

Nom et prénom : .................

Adresse : .................

ACTIONS SYMBOLIQUES

- Vos lettres ont toujours sauvé des vies. Envoyez le maximum de lettres au gouvernement du Honduras.

- Affichez les insultes dont ont été victimes ces femmes transgenres dans votre école pour susciter l’interrogation et organisez un débat sur le thème des violences faites aux personnes à cause de leur orientation sexuelle, peut-être en invitant une défenseurs des droits des minorités sexuelles d’une association belge. Vous pouvez par exemple contacter l’association Trans-Action de Bruxelles par son site internet, en cliquant ici.

PISTES PÉDAGOGIQUES

- Travailler sur l’homophobie et les atteintes aux droits humains des minorités sexuelles au Cameroun et ailleurs en demandant le nouveau dossier pédagogique sur l’homophobie, disponible à la Communauté française (Direction de l’Egalité des chances, egalite@cfwb.be ou 02/413 32 24), ou en commandant l’affiche « dazibao » d’Amnesty consacrée à l’homophobie.

- Présenter les différentes formes de violence auxquelles sont confrontés les homosexuel(le)s, les bisexuel(le)s et les transsexuel(le)s. Référez vous à des cas concrets et récents, disponibles à partir de la page thématique LGBT (Lesbian, gay, bisexuels, transgenres) d’Amnesty International : cliquez ici

- Utiliser des documents vidéo comme : Less than Human, une série de témoignages recueillis par Amnesty International. Commander auprès de la coordination LGBT d’Amnesty : lgbt@aibf.be ou voir en ligne : cliquez ici Brokeback Mountain, de Aung Lee (2005) Boys Don’t Cry, de Kimberly Peirce (1999) Fresa y chocolate, de Gutierrez-Alea (1993)

- Etudier des chansons comme : Adam et Yves, de Zazie Petit Pédé, de Renaud Une femme avec une femme, de Mecano

- Faire un exposé sur le statut des droits humains des minorités sexuelles en droit international, puis national, en insistant sur l’évolution des mentalités et des pratiques culturelles. Se référer aux différents rapports publiés par Amnesty International sur les droits humains des minorités sexuelles, disponible ici

- Pour plus d’informations, se référer au chapitre Orientation sexuelle du dossier pédagogique d’Amnesty International, Dérives identitaires :identités et discriminations, 2005, disponible ici

- Travailler à partir de l’article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme « Tout le monde a le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité », notamment à partir de cas réels de personnes victimes de harcèlement ou d’intimidation, expliquer comment certains pouvoirs tentent de neutraliser toute opposition. Pour trouver des exemples de cas, cliquez ici et ici

Répondre à cet article sur le site amnestyinternational.be

http://www.amnestyinternational.be/jeunes/spip.php?article1813

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