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Publié par caphi

"Il a compris très tôt que sa voix pouvait être le moteur de son élévation, l'outil qui lui permettrait de s'extirper de sa chrysalide. Il aime se perdre dans l'impalpable poésie de la musique, conscient d'un espace de liberté sans lequel il n'aurait pu transcender son quotidien (...) "Pas facile de grandir dans une société patriarcale et misogyne, qui dévalorise la féminité, explique le chanteur. Pourtant un enfant transgenre est une récompense pour une famille, l'occasion de donner une perspective nouvelle au rôle du père et de la mère." S'il conteste fortement le titre d'"icône gay", celui qui, en 2006, dans un spectacle, Turning, avait mis en scène la transsexualité avec le vidéaste Charles Atlas espère pouvoir aider les jeunes gens troublés par leur propre indétermination." (Le Monde) (lire plus bas en entier)


Le site officiel de l'artiste > www.antonyandthejohnsons.com

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Anthony.png 
L’instant Critique // Antony and The Johnsons - The Crying Light
Antony Hegarty est un être en mutation, un personnage condamné à tenter de réconcilier la femme et l’homme en lui. Plusieurs l’ont découvert avec I Am a Bird Now, deuxième album émouvant qui parvenait à contourner le pathos souvent associé à la thématique transgenre.

The Crying Light
démontre qu’Antony évolue tout autant comme artiste..


Moins affligé, plus en paix avec lui-même bien que toujours à la recherche d’un autre monde, il réserve même un peu de place à la joie sur ce troisième album plus sobre que le précédent. Musicalement moins poignant, The Crying Light requiert quelques écoutes et une attention portée à la subtilité des arrangements délicats (hautbois, flûte traversière, piano enveloppant, cordes lancinantes) avant de faire effet.

30 % de voix qui papillonne
20 % de rêveries mises en chansons
15 % de poésie atypique
15 % de lyrisme en noir et blanc

10 % de soul tourmenté
10 % d’esprit baroque
source : Zik4zik : libre diffusion de talents, Jeudi 22 janvier 2009

Portrait

Antony Hegarty, ange de la pop

Si Antony Hegarty est un oiseau, comme l'affirmait le titre de son précédent album (I Am a Bird Now), il s'agit probablement d'un albatros. Avec sa voix de ténor androgyne en guise d'ailes immenses, ce New-Yorkais d'origine britannique plane tel un ange immaculé au-dessus de la pop. En créature baudelairienne, le chanteur du groupe Antony & the Johnsons redescend sur terre dans le corps d'un géant rond et malhabile. Un peu comme si la délicatesse de Barbara était prisonnière de la corpulence d'un rugbyman poupin.

Ce matin, il a changé de pied-à-terre parisien après une nuit tourmentée dans une ancienne maison close de Pigalle transformée en hôtel branché. Impossible de dormir dans cette chambre décorée de femmes nues et d'images trash. "J'aime le dépouillement", insiste ce nounours de 37 ans au regard d'enfant. "Chez moi, tout est propre, épuré, apaisant."

Il fut un temps où la décadence effrayait moins celui qui s'affirma d'abord comme figure culte de l'underground new-yorkais. Scintillante de légendes artistiques, la Grosse Pomme avait attiré le jeune homme, après une enfance passée en Angleterre, aux Pays-Bas, puis dans une petite ville du nord de la Californie. Vingt-cinq ans avant, il aurait pu fréquenter la Factory, l'atelier d'Andy Warhol à New York, inspirer à Lou Reed le travesti de Walk on the Wild Side.

Aux débuts des années 1990, il trouve pourtant sa voie dans une cité encore accueillante avec la marginalité. "J'ai toujours voulu vivre à New York", s'enthousiasme Antony. Avec des amis drag-queens et autres agitateurs des transgressions noctambules, le jeune homme forme une petite troupe, les Blacklips, avec laquelle il monte des performances dans des boîtes de nuit, des pièces de théâtre expérimental dans des cabarets. A l'occasion, Antony se fait gogo dancer. "A la fin de ces spectacles, je trouvais toujours le moyen de chanter une de mes chansons."

Il a compris très tôt que sa voix pouvait être le moteur de son élévation, l'outil qui lui permettrait de s'extirper de sa chrysalide. Il aime se perdre dans l'impalpable poésie de la musique, conscient d'un espace de liberté sans lequel il n'aurait pu transcender son quotidien. "Cela a toujours été là, comme une bénédiction, comme une clé offerte par les dieux pour t'aider à aller plus loin que si tu avais été laissé à ton propre sort."

Le chant lui permet aussi d'incarner une identité dont il s'est aperçu depuis l'enfance qu'elle échappait aux normes. Fils d'une photographe et d'un ingénieur, Antony se découvre une sensibilité qui le singularise rapidement de ses petits camarades. "Pas facile de grandir dans une société patriarcale et misogyne, qui dévalorise la féminité, explique le chanteur. Pourtant un enfant transgenre est une récompense pour une famille, l'occasion de donner une perspective nouvelle au rôle du père et de la mère."

S'il conteste fortement le titre d'"icône gay", celui qui, en 2006, dans un spectacle, Turning, avait mis en scène la transsexualité avec le vidéaste Charles Atlas espère pouvoir aider les jeunes gens troublés par leur propre indétermination. Jeune adolescent, Antony avait été soulagé de découvrir dans la pop du début des années 1980 et des personnalités comme Boy George ou Marc Almond une incarnation musicale de ses ambiguïtés. Certains de ces héros d'adolescence sont devenus des amis, qui l'ont parrainé au-delà de ses espérances.

En 2005, avec son deuxième album, Antony Hegarty, encore inconnu, peut ainsi se vanter d'accueillir des invités aussi prestigieux que Lou Reed, Rufus Wainwright, Boy George ou Devendra Banhart. Entre soul et musique de chambre, les Johnsons y livrent des chansons intimes et déchirées où ce drôle d'oiseau se rêve Nina Simone ou Billie Holiday.

Quelques mois après une sortie relativement confidentielle sur un petit label canadien (Secretly Canadian), I Am a Bird Now va se transformer en un phénomène inattendu de la critique et commercial, avec près d'un million d'albums vendus.

L'ancienne mascotte de l'underground de Manhattan devient une diva à la fois populaire et bohème, qu'il est du meilleur goût de citer en référence ou d'inviter en studio.

Des collaborations se succèdent avec Bryan Ferry, Marianne Faithfull, Laurie Anderson, à nouveau Lou Reed, Björk... Après leurs duos sur son album Volta, cette dernière commentait : "J'appréhende la musique comme de l'algèbre, Antony est à l'opposé, plus ésotérique. Il a l'impression que ses ancêtres chantent à travers lui."

Pour Riccardo Tisci - styliste de Givenchy, qui a dessiné des habits de scène pour Hegarty, que l'on verra sans doute lors de ses concerts en France (le 9 avril à Paris, à l'Olympia, le 21 juillet à Lyon) -, "la force d'Antony est de mêler à la fois la modernité et les voix du passé, de concentrer une émotion faite d'un romantisme sombre et de la de la fragilité de l'enfance".

Sorti en janvier 2009, un nouvel album, The Crying Light, a creusé cette intensité mélancolique, entre part d'ombre et pureté de cristal, accompagnée de piano, vents et cordes frissonnants. "L'urgence de cette voix, analyse le compositeur Nico Muhly, arrangeur de plusieurs titres de l'album, vient de ce vibrato qui semble toujours sur le point de perdre le contrôle."

Sur la pochette d'I Am a Bird Now figurait Candy Darling, blonde égérie warholienne (née homme sous le nom de James Lawrence Slattery) photographiée sur son lit d'hôpital par Peter Hujar, quelques semaines avant qu'elle ne soit emportée par une leucémie. Celle de The Crying Light est illustrée de la photo d'un vieux danseur japonais habillé en femme. Cofondateur du butô, ou "danse des ténèbres", Kazuo Ohno (aujourd'hui âgé de 102 ans) est l'un des héros du New-Yorkais. A 16 ans, le chanteur avait accroché dans sa chambre un poster du maître nippon, maquillé de blanc, en robe victorienne, posant devant une photo de Sarah Bernhardt. "Je croyais qu'il s'agissait de la muse d'un photographe."

Quelques années plus tard, il découvre dans un documentaire que cette femme est un homme dont l'art va le bouleverser. "J'ai étudié ses textes, en essayant de transposer pour le chant ce qu'il a fait en dansant." Influencé par les lectures de Mishima, Genet ou du marquis de Sade, marqué par l'holocauste nucléaire, Kazuo Ohno a commencé à danser en solo à plus de 70 ans, incarnant avec une énergie primitive une danseuse argentine, le fantôme de sa mère, une fleur, un oiseau, les molécules d'un torrent...

"Au lieu de me contenter d'une approche structurelle du chant - soulever le diaphragme, serrer tel muscle, créer une caisse de résonance -, j'ai cherché à libérer ma voix en suscitant des images créatives en phase avec la façon dont Ohno s'identifiait aux éléments naturels." Un processus artistique, affirme Antony Hegarty, qui encourage un dialogue avec la nature, une démarche écologique.

Stéphane Davet



Antony and the Johnsons: notre frère dans l'ordre de la nuit

 

Le troisième album d'Antony and the Johnsons, Crying Light, vient de sortir et ARTE lui consacre, lundi, l'émission Tracks. L'opus est dédié à Kazuo Ohno, co-créateur du Butô. Entre la musique de l'un et la danse de l'autre, se croisent de puissantes et délicates introspections dans tout ce qui sépare les hommes au lieu de les unir. D'où cette espérance spectrale que nous explorons en vidéos: les vivants et les morts ne sont jamais ceux qu'on croit. [par Antoine Perraud25 jan 2009, Mediapart, seulement par abonnement]



Antony, chanteur transgenre à la morosité sublimée
L
e succès rencontré il y a quatre ans par l'opus "I Am a Bird Now" d'Antony and the Johnsons en avait surpris plus d'un.
Pourtant, force était de constater que la voix androgyne d'Antony, chanteur anglais exilé à New York, distillait une substance à la toxicité intemporelle, addictive à souhait. Même les oreilles les plus récalcitrantes à ce timbre de crooner soul et romantique, jamais loin du pathos larmoyant - sans y plonger pour autant - ont fini par abdiquer. Des ingrédients similaires se retrouvent aujourd'hui sur "The Crying Light", mais compactés dans un cocon plus intimiste et minimaliste. A l'instar de titres envoûtants tels que le lyrique "Everglade" ou le confiné "Daylight and the Sun", le fils spirituel de Nina Simone et Bryan Ferry livre une fois encore sa souffrance d'être hors normes et sublime sa mélancolie. Un disque profond et touchant. YC/ATC-TLC.com - source : ToutLeCD - Photo: DR 


VOIR LA VIDEO >



Site officiel d'Antony and the Johnsons
 

[interview] Antony & The Johnsons: «La nature ne nous juge pas»

Antony & The Johnsons reviennent avec un troisième album intitulé «The Crying Light»

INTERVIEW à lire sur 20minutes.fr, 19.01.09

Le site officiel de l'artiste > www.antonyandthejohnsons.com

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