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Publié par caphi

 
 
Une constitution de partie civile pour viols et abus sexuel a été enregistrée mercredi 3 septembre par les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens.

La plaignante, une femme née de sexe masculin, s’est exprimée sur des viols subis pendant la période khmère rouge, ainsi que sur des abus sexuels divers liés son identité transgenre.

Sou Sotheavy s’est constituée partie civile auprès du Tribunal khmers rouges pour crimes et abus sexuels, a-t-elle indiqué mercredi 3 septembre à l’occasion d’une conférence de presse.

Aujourd’hui âgée de 68 ans, Sou Sotheavy a été contrainte de se couper les cheveux, de porter des vêtements d’homme, et à se marier avec une femme pendant le régime du Kampuchea démocratique.

« J’expliquais que j’étais une femme et que je ne pouvais pas me marier avec une autre, se souvient Sou Sotheavy. Mais j’ai été obligée de le faire sous peine d’être exécutée. Dix jours après mon mariage, les Khmers rouges m’ont contrainte d’avoir des relations sexuelles avec la femme qu’ils m’avaient forcée à épouser. »

Sou Sotheavy a ensuite été détenue à Kraing Chhes, dans une cellule située à 5 mètres sous le sol, où elle a été violée par le chef de la prison.

À la maison d’arrêt de Samlong, où elle a été par la suite transférée, des gardiens de prison l’ont accusée d’avoir commis des « crimes moraux ».

« J’ai été torturée par sept gardiens, qui m’ont frappée à plusieurs reprises sur la tête avec une pierre. J’ai encore une cicatrice sur le front. »

Envoyée à la prison de Tapék, elle est violée à tour de rôle par les gardiens. « Pour les décourager, je leur demandais pourquoi ils violaient quelqu’un du même sexe. Ils me répondaient que violer un homme les exposait à moins de problèmes. »

Silke Studzinsky, avocate de Sou Sotheavy, s’est félicitée de cette première constitution de partie civile pour crimes sexuels : « Les enquêtes menées par le TKR ne se sont pas encore concentrées sur les viols et les abus sexuels, faute de preuves. Les violences commises à l’encontre des minorités sexuelles vont être enfin prises en compte. »

Dans le passé, DC-Cam avait produit un document prouvant qu’une femme avait été exécutée à S-21 au motif qu’elle se livrait à la prostitution, a indiqué Andrew Hunter, représentant de l’ONG Asia Pacific Network of Sex Workers.

Constanze Oehirich, conseillère juridique de l’unité des victimes du TKR, a indiqué pour sa part que la plainte avait bien été enregistrée et a émis le souhait de voir d’autres victimes d’abus sexuels à se manifester.

Sou Sotheavy est aujourd’hui directrice d’une ONG cambodgienne de défense des prostituées et des travestis.

Ung Chansophea, CambodgeSoir.info, Site d'Information Francophone au Cambodge, 04-09-2008
 

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