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Publié par caphi

 
Journee d'etude sur le genre et la transidentité
BORDEAUX.--Première manifestation publique de l'association Mutatis-Mutandis, hier, à l'université Victor-Segalen, via une journée d'étude sur la transsexualité

D'un sexe à l'autre
Christine Morice, Sud-Ouest, 2 juin 2008

Léa est ingénieur et transsexuelle. Cette grande dame à la crinière rousse a confié, hier, à quelques étudiants en sociologie de l'université Victor-Segalen, à Bordeaux, comment elle a effectué sa « transition » ; comment elle avait expliqué, un jour, à sa fille de 4 ans que son papa se sentait mieux dans sa peau, en femme.
L'association Mutatis-Mutandis -- « les choses doivent changer » --tenait hier sa première manifestation publique. Autour du professeur Bourgeois, psychiatre bordelais spécialisé dans le suivi des transsexuels, plusieurs personnes, devenues femmes après opération, ont parlé de leur parcours dans le cadre d'une journée d'étude sur « le genre et la transidentité ».

Un corps qui ment. Car pour Marie, Nathalie ou Lysbeth, les souffrances des transsexuels sont davantage liées à une question d'identité, qu'à des pratiques sexuelles. « On n'a pas le choix », scande Nathalie, la présidente de Mutatis-Mutandis qui veut rester anonyme par respect pour ses trois enfants. « On est né avec un corps qui n'est pas le bon. » Certains parlent d'un corps qui ment, une apparence en total décalage avec l'identité ressentie. « Il vient un moment où ce qu'on a au fond de nous-même, nous pète à la figure », dit Marie, ancien électromécanicien de 62 ans, divorcé, trois enfants, qui adore montrer sa nouvelle carte d'identité. « Au départ, j'ai cru que j'étais une erreur de la nature, une anomalie. »


Opérées à Bordeaux. Toutes ont pu être opérées dans le cadre du programme TransGender mis en place à Bordeaux au début des années 80, avec des règles claires, qui passent notamment par l'absence de pathologie psychiatrique.
Il s'agit d'un parcours épuisant, qui demande une aide véritable. La mission de Mutatis-Mutandis est donc d'épauler et d'informer les candidats au changement de sexe, d'éviter leur marginalisation.
Selon le professeur Bourgeois les hommes souhaitant se féminiser sont trois fois plus nombreux que les femmes désirant devenir des hommes, par le biais de la chirurgie plastique.
Le praticien évoque la seule raison qui, depuis des années, justifie son engagement malgré la réticence du milieu médical en général : « Ils sont mieux avant qu'après ».

Bordeaux est, avec Paris, l'une des rares villes de France à avoir mis en place, en hôpital public, un protocole destiné aux personnes désirant changer de sexe. Respecter ce parcours permet aux transsexuels opérés d'être remboursés par la Sécurité sociale et de faire modifier leurs papiers d'identité.
Selon le professeur Marc-Louis Bourgeois, le psychiatre qui est à l'origine de ce program- me TransGender, environ « 300 candidats » ont été pris en charge à Bordeaux en vingt-cinq ans. Le parcours dure au minimum deux ans. Il comprend un suivi psychiatrique et un traitement hormonal prescrit par un endocrinologue, avant l'opération qui a lieu au CHU de Bordeaux. De plus en plus de demandes sont enregistrées depuis quelques années.
 

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