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Publié par caphi

> L’artiste, qui danse en jonglant, a tout repris à zéro et changé de sexe. Philippe Ménard, dit-elle Lire son PORTRAIT dans Libération du 6 juillet 2010

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Philippe Ménard jongle avec la glace et questionne la fragilité de l'identité

Comment continuer à vivre dans une peau qui n’est pas la sienne ? Par quelles épreuves doit-on passer pour s’en libérer ? Habité par de profondes questions identitaires, le jongleur Philippe Ménard imagine un dispositif extrême qui soumet son corps à une seule et unique compagne, froide et indomptable, la glace. Toujours mouvante, tantôt complice imprévisible, tantôt adversaire redoutable, elle réveille en lui des états inexplorés qui participent à sa mutation. « PPP » est un récit mythologique qui traque, sans complaisance, la réalité d’un être. Sous nos yeux, une vie passée s’efface, une autre naît, belle, tragique et dérisoire. Chaque soir à l’issue de la représentation, le public est invité à rencontrer Philippe Ménard.

"P.P.P" de et par Philippe Ménard (Cie Non Nova) vu dans le cadre du Festival "Des Auteurs, des Cirques : aux limites" (juin 2009 à Paris-Villette)
EN SAVOIR PLUS sur le FESTIVAL

 
Tout le calendrier sur le site de la compagnie : www.cienonnova.com

REVUE de PRESSE
 
Philippe Ménard ("Phia"), auteure, performeuse, scénographe et metteuse en scène, affirme sa transsexualité. "Je réalise aujourd'hui que j'ai été en quelque sorte travestie en homme avant de faire mon coming out il y a deux ans et de changer de sexe", raconte-t-elle au journal Le Monde. "Au fond, j'ai toujours été cette personne-là sauf que maintenant c'est clair pour tout le monde". A 39 ans, "l'artiste de cirque" est à l'affiche de la manifestation Le Vif du sujet, pilotée par la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) au Festival d'Avignon. Elle y présente, jusqu'au 14 juillet, "Black Monodie", un duo avec l'écrivain et acteur Anne-James Chaton. LIRE > Les épreuves de force de Phia Ménard (Le Monde du 13 juillet 2010)
 
Philippe Ménard, ce soir, à 20 h 30 précises. Photo D. R.
Philippe Ménard - Photo D. R.

Philippe Ménard, l'événement "PPP".
Parvis. Son corps en voyage
par Pierre Challier, La dépêche, 20/01/2009
E
lle s'appelle Philippe. Et ce prénom, elle le gardera. Un prénom, ce n'est pas le plus important… Car le plus important pour une personne, ce n'est pas l'étiquette, par laquelle on vous appelle. C'est ce que l'on est. Profondément. Ce que l'on peut passer parfois des années, voire une vie à devenir. « Deviens ce que tu es », disait Nietzsche par la voix de Zarathoustra ? Long voyage qu'elle a décidé de faire. Pour quitter ce qui la relie encore à l'identité de ses papiers, rejoindre enfin la femme qu'elle est née. « Je suis une personne transgenre, je suis en train de changer de sexe », résume-t-elle… et ce qu'il faut savoir aussi, lorsqu'on aborde "PPP", que Philippe Ménard raconte donc son cheminement, comment elle a « toujours travaillé sur l'identité, sur ce que c'est que de se créer une identité, d'être obligé de se travestir dans un monde d'hommes, voir en permanence autre chose que ce que voient les hommes ou les femmes. » Et comment, en étant jongleur et en ayant travaillé 15 ans avec Jérôme Thomas, père du jonglage contemporain en Europe, elle en est arrivée à concevoir ce spectacle : 120 épées de Damoclès en forme de boules de glace au-dessus de sa tête, chutant aléatoirement… Jongler avec la glace. Un choix en forme de manifeste, presque. « Parce que la glace est une matière hostile mais qui se transforme », explique-t-elle, au cœur de sa propre métamorphose. Mais aussi parce qu'il s'agit d'une mise en danger inhabituelle dans l'univers de la jonglerie où, par définition, la quille, la balle sont immuables mais où soudain, la glace elle, peut se briser. Et où le jongleur n'a donc « pas de deuxième chance, à l'instar de celui qui a décidé d'assumer jusqu'au bout son identité », conclut-elle.

Philippe Ménard. Toute d'humanité. « Sans papiers inexpulsable » d'un pays où la loi et l'ordre moral la regardent encore d'un œil médiéval prompt à brûler la sorcière. A mi-chemin entre le monstre et la malade. Elle, l'artiste.

http://www.ladepeche.fr/article/2009/01/20/527105-Parvis-Son-corps-en-voyage.html

Jongleur de l'impossible, Philippe Ménard fait virevolter la glace... et vaciller son identité sexuelle.
Enterrement de vie de glaçons
P.P.P. Jonglerie - Compagnie Non Nova
par Cathy Blisson, Télérama n° 3038 - 5 avril 2008
E
n coulisses, huit congélateurs. Et trois sur scène, qui se meuvent en un étrange ballet, sans que l'on arrive vraiment à distinguer ce qu'ils dissimulent. Au plafond, des dizaines de sphères blanches et des gouttes d'eau qui commencent à tomber. Philippe Ménard n'est alors qu'une silhouette en manteau de fourrure, assis, de dos, sur un fauteuil de glace. Ni vraiment homme, ni vraiment femme, et pas encore jongleur à cette heure. Jongleur, il le sera très vite, si tant est qu'on puisse l'être lorsqu'on fait virevolter des boules de glace, vouées par nature à disparaître en flaques ou à se briser au sol.

Le jongleur, affirme Ménard, est celui qui essaie de rester en équilibre. Et lui a un équilibre doublement périlleux à trouver. Equilibre avec la matière gelée, indomptable, volatile et susceptible de le faire glisser en Position Parallèle au Plancher (P.P.P.) ; équilibre également entre les souvenirs de son passé de garçon et la femme qu'il a le sentiment d'abriter ou le désir d'habiter. Dans l'interstice, Philippe Ménard se trouve un chemin identitaire. Vacille sans flancher entre les boules de glace qui le menacent, ou les dribble, ou les fait valser à la façon d'une pasionaria-matador en fourreau rouge.

Aucun spectateur n'aimerait se trouver à sa place, corps androgyne plongé dans la froideur de la glace et robe tendue sur une paire de faux seins, qu'il dégrafera comme pour en finir avec le coming-out transgenre. Mais l'empathie est là, dans les regards graves et époustouflés. Avant de s'intéresser aux objets « injonglables » - pneus, paires de chaussures ou sacs plastique -, l'artiste se souvient d'avoir passé des années à jeter en l'air des balles de silicone qui lui revenaient à la figure. La glace, il la regarde exploser. Visiblement, c'est un bel exutoire.

PPP : extrait du dernier spectacle de Philippe Ménard par cienonnova (6min.)
www.cienonnova.com



"Plus vous vous aventurez à essayer de comprendre le monde, comprendre votre corps, comprendre ce que vous êtes, plus ça devient dur. La grande question, c’est de faire en sorte que ce que nous écrivons soit d’une violence juste. C’était toute la question par rapport à l’identité par exemple. Vous pouvez très bien vous en moquer complètement dans cette pièce, ne voir que la glace, passer complètement à côté du sujet. Mais pour moi, ce n’est pas important ; celui qui a envie de s’attacher au sujet, il pourra le voir. (...) L’artiste brise ses balles pour mieux s’affranchir de leur chute, cette « épée de Damoclès du jongleur » ; une tentative de se défaire de ce carcan qui lui laisse peu de place pour exister, tout comme cette peau d’homme dans laquelle il ne se reconnaît pas. Un défi à la matière, dont il ne sortira pas gagnant. Aveu d’humilité, portée par une farouche pugnacité" > LIRE l'entretien avec Philippe Ménard [Territoires de cirque, artishoc, 10/12/2008]

Portrait de Philippe Ménard, jongleur professionnel nous transporte dans son univers "de glace" et nous livre son expérience - par nantes7 (durée : 2 minutes 04)

Pour découvrir d'avantage ce spectacle, vous pouvez retrouver des images enregistrées ICI  > http://www.lequai.tv/fr/bdd/video_id/222

Philippe Ménard jongle avec la glace et son désir bridé.

par Brigitte Salino, Le Monde du 10.04.08
D
rôle d'histoire. Philippe Ménard est jongleur. Il s'est formé auprès de Jérôme Thomas, une des têtes de file du renouveau du jonglage en France, puis, en 1998, il a fondé sa compagnie, Non Nova, implantée à Nantes.

Jusqu'à présent, ses spectacles l'ont souvent amené à voyager autour du monde. Avec le dernier, P.P.P., Philippe Ménard voyage aussi. En lui. Et pas du tout comme on pourrait l'imaginer d'un jongleur. Avec de la glace. Cette glace, vous la voyez quand vous vous installez dans la salle.

Sur la scène, il y a un fauteuil et un lit de glace, plus trois grands congélateurs transparents. Au-dessus de la scène sont suspendues des boules de glace, de la grosseur de balles de tennis. Avec le temps et la chaleur des projecteurs, certaines fondent et tombent.

Quand le spectacle commence, Philippe Ménard est assis sur le fauteuil, dont il s'extrait lentement avant de ramper sur le sol, comme s'il était une créature de légende, mi-homme mi-bête. Ses membres sont recouverts de collants noirs, son corps est enserré dans une peau d'animal, son visage enfoui sous une chapka. Ce visage, on ne le verra quasiment pas. Toujours de biais, un peu caché, sombre, antipathique.

Tout passe par le corps, dans ce P.P.P., qui veut dire position parallèle au plancher, soit la position du corps après une glissade. Et quelle glissade !

Ceux qui viennent voir Philippe Ménard avec leurs enfants, pensant que ceux-ci vont s'amuser des jeux du jongleur, se trompent de spectacle. P.P.P. n'est pas un jeu, mais une expérience glaciale, dont très vite les congélateurs nous livrent les secrets.

EN SOUS-VÊTEMENTS FÉMININS

Ces congélateurs ont quelque chose d'inquiétant. Ils bougent tout seuls, émettent des stridences sourdes et des bruits de voix (beau mixage d'Ivan Roussel). Après avoir sucé quelques glaçons et s'être défait de ses peaux pour offrir un corps en sous-vêtements féminins noirs, Philippe Ménard entre dans un des congélateurs, dont il ressort en robe du soir moulante. Il prend alors un ballon de glace, qu'il promène sur son corps, met sous sa robe pour en faire le ventre rond d'une femme enceinte, promène sur sa tête comme s'il voulait la laver ou la rafraîchir d'une brûlure trop grande. Cette brûlure, on l'aura compris, est celle de la question qui travaille Philippe Ménard : que faire de ce corps d'homme qu'il sent femme ? Le dompter par le déchirement du désir réprimé, ou aller jusqu'au bout, jusqu'à l'opération qui ferait de lui un transsexuel ? La question tiraille Philippe Ménard jusqu'à l'exacerbement qui le fait se rouler dans le lit de glace, jongler (un peu) sur des gestes compulsifs, promener dangereusement sur sa peau une pelle coupante, balayer furieusement la glace du lit défait - tout cela pieds nus - jusqu'au moment où, au bord de l'épuisement, il enlève son soutien-gorge et ses tout petits faux seins. Ainsi s'achève ce spectacle en forme de confession déchirée. A la fin, Philippe Ménard invite les spectateurs à venir parler avec lui. On voit enfin son visage. Un visage raphaélique. 

P.P.P., de et par Philippe Ménard 
Tout le calendrier sur le site de la compagnie : www.cienonnova.com

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Interesting videos and good pictures that can add up more fun than usual posts make it a bit stand apart from the usual ones. I hope such standards would also be expected in the articles in future too. Thanks for these ones.

Cécile 24/07/2009 15:11

Pour découvrir d'avantage ce spectacle vous pouvez retrouvez des images enregistrées sur




caphi 24/07/2009 15:25


le lien de la VIDEO > http://www.lequai.tv/fr/bdd/video_id/222