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Différences (le blog de caphi consacré à la TRANSIDENTITE et l'INTERSEXUATION)

Revues de presse et de blogs par une journaliste transgenre qui traite de la TRANSIDENTITE (appelée improprement "transsexualité").Le blog "Différences" est devenu aujourd'hui une REFERENCE FRANCOPHONE sur la TRANSIDENTITE

[Bretagne] L'ancien marin bien dans sa vie au féminin

 
source : Ouest France, vendredi 18 janvier 2008

« Pour moi, l'autre personne n'a pas existé [...]. Mon état civil, c'est la seule vérité. » Les papiers officiels de la République et la carte de sécu de Victoria Bezard spécifient bien qu'elle est « de sexe féminin ». Un arrêt de la cour d'appel de Rennes valide ce changement. Il se sera écoulé trente-cinq années entre sa première prise d'hormones et l'ultime intervention chirurgicale, en Belgique (à Gand), avec une convalescence de trois mois.

« Une femme à part entière »

Elle a choisi son prénom féminin par admiration pour Victoria Abril, actrice fétiche du cinéaste espagnol Almodovar. Le prénom masculin, qu'elle avait porté avant, pendant une cinquantaine d'années, est « parti au broyeur », comme toutes ses photos masculines. « Je ne suis pas une personne déguisée, mais une femme à part entière. D'ailleurs, je n'aurais jamais couché avec un homme avant mon opération, car je ne m'identifie pas à l'homosexualité. »

Quand son état civil était encore masculin, « même en ayant le nez dessus, je ne voulais pas mettre de nom à mes refoulements, ni l'admettre. Le dictionnaire définissait alors la transsexualité comme « une obsession délirante d'appartenir à l'autre sexe ». Aujourd'hui, on parle du « syndrome de Benjamin » (1). » Rétroactivement, Victoria remet toute son histoire au féminin : « Cela me fait mal quand j'entends « il » » fait un mariage d'amour ». Sa femme lui a donné un fils aujourd'hui âgé de 30 ans. à propos de moi.

Après un mariage d'amour

A son retour de service militaire, Victoria a « fait un mariage d'amour ». Sa femme lui a donné un fils aujourd'hui âgé de 30 ans.

Sans le soutien de sa compagne, décédée après trente-six années de vie commune, Victoria ne serait sans doute plus là aujourd'hui. « Elle était tellement ma force. [...] C'est elle qui m'a convaincu d'affronter l'ordre social en dévoilant la vérité, un beau jour. Nous tenions un magasin de fringues pour femmes fortes, rue Georges-Clemenceau à Saint-Malo. Ça s'est répandu comme une traînée de poudre. Les gens ne venaient plus pour acheter, mais pour mater. Cela a été très dur pour ma femme, mais elle a pu sauter la barrière du regard des autres grâce à la consultation d'un psy. »Victoria ne brandit aucune pancarte, et ne regrette rien des épreuves passées. « Aujourd'hui, je me sens parfaitement intégrée socialement. Tout simplement bien dans ma peau, depuis que j'ai coupé les amarres. »

Gérard LEBAILLY, ouest-france

(1) Par allusion au médecin américain Harry Benjamin, le premier à avoir prescrit des hormones aux transsexuels/elles en 1949.

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