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Publié par caphi

Premier bilan du Festival

Retrouvez plus bas mon
compte-rendu et un premier bilan du Festival IdentiT.

[ce vendredi soir] Ouverture dLe Festival de Films Trans de Paris, IdentiT" a présenté pendant 3 jours (du 11 au 13 janvier 2008) toute une filmographie rare et ignorée qui n’a - en grande partie - jamais été diffusée dans les salles.

Trois jours de projections de films inédits pour aborder d’importants enjeux : la construction de l’identité, le lien entre genre, corps et sexe, l’appartenance à une minorité, l’identité trans au sein des luttes queer et féministes, l’accès à l’emploi, l’immigration, l’activisme identitaire…

En France, les trans actuellement encore réduit/es à des sujets psychiatriques, ne peuvent disposer librement de leur corps et changer facilement leur état civil.

Le Festival Identit est né de la volonté de combler l’absence de représentations respectueuses de l’identité et de la culture trans.

Identit est destiné à toutes et tous, il a pour ambition de susciter un intérêt collectif pour la transidentité.


Bambi, vedette du mythique Carrousel dans les années 1950-60, en est l'invitée d’honneur

Outre Paper Dolls, d'autres exclusivités telle She’s My Brother, le film glamour sur l’une des sœurs du clan Arquette, mais également Wild Side, le précieux long-métrage de Sébastien Lifshitz en présence du réalisateur et de Stéphanie Michelini ; Boy I Am de Sam Feder & Julie Hollar une magnifique chronique de résistance, un porno inédit de Buck Angel, un court-métrage incontournable co-réalisé par Annie Sprinkle en 1989 et en clôture, Nous n'irons plus au bois de Josée Dayan. [LIRE > [T.V.] "Nous n'irons plus aux bois" de Josée Dayan, "portraits croisés de transsexuel(le)s" (21 avril 2008)

Tous les films étaient projetés au cinéma l'Archipel, 17 boulevard de Strasbourg à Paris Xe - métro Strasbourg St-Denis) -  5 € la séance - Pass Festival 20 €

Premier bilan du Festival

Voici un compte-rendu du Festival et des films qui m'ont marqués.

Nota : pour des raisons de respect de l'anonymat de certaines personnes (public et organisateur-trice), aucune photo et vidéo ne sera ici diffusée.

Après 3 jours de projection de films de grandes qualités, le
Festival IndentiT s'est clôturé le dimanche 13 janvier avec deux documentaires.

- "Paper Dolls" de Tomer Heymann (Israël, 2006) raconte la nouvelle vie de "kathoes", trans philippines et... aide-soignantes auprès de juifs orthodoxes en Israël tout en étant performeuses dans des nights-clubs de Tel-Aviv. Humour et raison sont les forces de ce film plein de leçons de vie.

- "Nous n'irons plus au bois" de Josée Dayan (2007) sur la condition des Trans en France expliquée et incarnée par des personnalités transsexuelles et transgenres françaises au travers de riches et précieux témoignages, analyses et portraits croisés. 
Un film riche d'informations sur les parcours divers de Trans MtF et FtM, connu(e)s ou moins connu(e)s (
diffusé sur France 3 en avril 2008) > LIRE > [T.V.] "Nous n'irons plus aux bois" de Josée Dayan, "portraits croisés de transsexuel(le)s" (21 avril 2008)

La projection fut suivi d'un débat fait d'échanges ouverts et utiles avec la salle en présence de la réalisatrice et des participant(e)s du film.

Parmi les autres films marquants, citons :

- "Boy I am" de Sam Feder et Julie Hollar (USA, 2006) qui dénonce un certain nombre d'a-priori dont sont victimes les trans, a priori qui conduise à leur négation. Une chronique de résistance qui invite les spectateurs/trices à repenser le concept d'activisme et d'identité.

Et, plus souriants mais non moins instructifs, les courts-métrages d'animation de Dylan Vade et Abe Bernard : "Trannymals" (USA, 2006-07 / inédits en France) !

Avec des séances souvent pleines (à certaines, on a du refuser des spectateurs-trices !), le Festival a rempli son pari : intéresser au-delà des personnes concernées.

Il est toutefois regretable que la communauté homosexuelle n'ait pas été plus présente pour "appuyer" par sa présence et être ainsi solidaire de cette initiative généreuse (les femmes majoritaires, dont certaines lesbiennes faisaient oublier l'absence notoire des "gays" !).

On peut aussi regretter que la (grande) presse n'ait pas daigné jugé bon se déplacer ou même annoncer l'existence de cette première édition qui, on l'espère, sera suivi d'autres.

Bon vent à IdentiT !
Caphi
   

> Pour en savoir plus sur le programme du Festival (clôt ce dimanche 13 janvier) : www.festivalidentit.org.

[revue de presse]
Interview Un premier festival de films sur la transidentité de Paris "pour faire évoluer les mentalités en matière de représentations des trans et sensibiliser un large public sur les discriminations qu'ils subissent encore en 2008." * (lire mon témoignage personnel d'un cas récent de discrimination dans mon journal personnel)

La première édition de IdentiT-Festival de films trans de Paris propose 6 longs métrages et 5 courts métrages les 11, 12 et 13 janvier.


par Charlotte Bourgeois, tetu.com, 11 janvier 2008
«C'est sans doute une forme de voyeurisme, mais elle informe utilement et amuse, confie Bambi, l'invitée d'honneur. Il faut ainsi instruire le grand public de tous les drames dont sont victimes actuellement les trans un peu partout dans le monde.» Pour la première édition du festival IdentiT-Festival de films trans de Paris, vous pourrez ainsi découvrir 6 longs métrages et 5 courts métrages. C'est une fenêtre ouverte sur la réalité quotidienne des trans. Grâce à laquelle on peut se rendre mieux compte des différents problèmes auxquels ils sont confrontés. Rappelons que la transsexualité, réduite au statut de dysphorie de genre est considérée comme une maladie psychiatrique d'après la liste de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), comme l'était considérée l'homosexualité jusqu'en 1992. Jihan Ferjani et Catherine Oh, les organisateurs du festival, parlent de ce projet, quasiment autofinancé.

Qu'est-ce qui vous a incité à organiser un festival de la transidentité? Créer un festival de films sur la transidentité s'est imposé à nous pour faire évoluer les mentalités en matière de représentations des trans et sensibiliser un large public sur les discriminations qu'ils subissent encore en 2008. On tente de mobiliser un maximum de personnes en faveur de la suppression de la transsexualité comme maladie psychiatrique d'après la liste de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et on milite pour que le changement d'état civil soit facilité -avec ou sans opération- au moyen d'actions publiques et politiques.

Un film coup de cœur? Deux même: Paper Dolls et Boy I am, même si nous aimons tous les films sélectionnés. Les héroïnes de Paper Dolls sont attachantes. La difficulté de vivre dans un univers hostile, liée à la fois à la condition d'immigrées en Israël et de trans, est palpable à chaque seconde. Boy I am insiste,lui, sur les problématiques trans en lien avec les luttes pédés-gouines et féministes ainsi que les revendications minoritaires en général. Sans oublier le très beau Wild Side de Sébastien Lifshitz qui sera diffusé en présence du réalisateur.

Si on ne voit qu'un film, lequel recommandez-vous? Ce serait Nous n'irons plus aux bois, le film de clôture: il fait du bien à la visibilité et à la fierté trans en montrant de belles et fortes personnalités. Mais surtout parce qu'il concerne la situation française et brosse ainsi le tableau de cinquante ans d'oppression. C'est une synthèse complète et accessible des différents freins et obstacles qui jalonnent le parcours des trans.

Que représente Bambi pour vous? Nous sommes vraiment très heureux que Bambi ait accepté d'être notre invitée d'honneur. Nous l'aimons beaucoup -mais qui ne l'aime pas?- entre autres parce qu'elle n'a pas reculé devant une sorte de nécessité d'assumer un rôle de transmission au sein de la communauté trans et cela avec beaucoup de finesse et d'intelligence.


IdentiT-Festival de films trans de Paris, les 11, 12 et 13 janvier, au cinéma de l'Archipel, 17, boulevard de Strasbourg, Paris Xe. Métro: Strasbourg-Saint-Denis.
Site internet: www.festivalidentit.org

* lire aussi : "Nous ne nous coucherons plus..." !, mon témoignage personnel d'un cas récent de discrimination dans mon journal personnel.

Quand le cinéma se met en « trans »…

Paris possédait déjà son festival de films gays et lesbiens, et un festival plus spécifiquement destiné aux lesbiennes, Cineffable. Désormais, la capitale accueille également un festival de cinéma ayant pour thème les identités transgenres et transsexuelles, rarement abordées au cinéma et à la télévision - si ce n’est sur le mode pathologique et lacrymal. Cette première édition, qui s’est déroulée du 11 au 13 janvier, a été l’occasion pour un public varié de découvrir des documentaires et des fictions d’une grande richesse sur les transgenres MtF (« Male to Female », homme ayant opéré une transition vers une identité femme) aussi bien que sur les transgenres FtM (« Female to Male »), souvent moins connus du grand public. Entretien avec Catherine Oh, coorganisatrice du festival, avec Jihan Ferjani.

Comment est né le projet du festival de films trans IdentiT ?

L’idée de ce festival a germé cet été. Nous avons alors décidé de monter à deux, et en quatre mois, un événement politique, culturel et artistique sur la transidentité pour mobiliser avec pédagogie un public le plus large possible, d’initié/es et de non-initié/es. Il devient de plus en plus urgent de mettre fin à l’ignorance concernant la transsexualité. Mettre des images sur l’oppression subie par les trans permet cette prise de conscience collective dont nous avons besoin pour soutenir des revendications légitimes telles que la dépsychiatrisation du parcours trans, un changement d’état civil facilité, avec ou sans opération, la prise en compte de la transphobie dans la liste des discriminations passibles de condamnation judiciaire… Autant de choses qui ne sont pas acquises à l’heure actuelle, et qui, pourtant, sont vitales pour une partie de la population qui reste marginalisée en droit et en fait.

Quels films a-t-on pu voir lors de ces trois jours de festival ?

Nous avons proposé une programmation diversifiée et de qualité, qui allait du film d’animation au documentaire. Des films qui montrent à quel point les thématiques trans sont riches et ne concernent pas que les trans. Un cinéma qui parle de fierté, de culture minoritaire, identitaire, mais aussi d’ostracisme social, politique, juridique, économique. Des films dans lesquels chacun et chacune d’entre nous peut se retrouver.

Quel bilan faites-vous de cette première expérience ?

C’est un véritable succès. Le public a répondu présent : la salle était comble pour chaque séance ! Nous sommes très heureux et heureuses d’avoir pu offrir un espace à des films qui n’avaient jamais été diffusés en France, échanger avec le public et accueillir des réalisateurs tels que Sébastien Lifshitz ou Josée Dayan. En revanche, le triste constat est le manque d’intérêt de la plupart des grands médias nationaux que nous avons pourtant essayé de mobiliser.

Marie Kirschen, l'Humanite

Article paru le 17 janvier 2008

www.festivalidentit.org

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